Le secteur agricole tunisien a enregistré des pertes s’élevant à environ 430 millions de dinars (MDT), ce qui illustre la situation dramatique dont souffre l’agriculture et justifie les mouvements de protestation organisés au niveau national. C’est ce qu’a déclaré le président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), Abdelmajid Zar, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse tenue au terme des travaux du Conseil central de l’organisation agricole (du 19 au 21 octobre 2018) à Hammamet.

Zar a ajouté que les pertes du secteur agricole ont atteint 180 MDT avant les inondations et environ 250 MDT après les pluies diluviennes qui ont ravagé plusieurs régions, notamment le gouvernorat de Nabeul (100 MDT), celui de Kasserine et autres gouvernorats (150 MDT).

Le président de l’UTAP indique que le conseil a pris plusieurs décisions dont principalement le rejet ferme et catégorique des politiques des ministères de l’Agriculture et du Commerce qui “n’accordent pas aux propositions de l’UTAP le sérieux requis”, n’écartant pas la possibilité de boycotter toutes les réunions et les négociations avec ces deux département s’ils continuent d’ignorer les revendications légitimes des agriculteurs et des pêcheurs.

Le conseil envisage de tenir une série de réunion avant de prendre la décision d’organiser des mouvements de protestation.

Les réunions concerneront les secteurs des céréales (25 octobre 2018), oléicole (29 octobre 2018), hydraulique (30 octobre 2018) et des dattes (1er novembre 2018).

Le conseil a, également, appelé à tenir des réunions, à partir de novembre 2018, avec les adhérents de l’UTAP dans toutes les régions du pays pour discuter des mouvements de protestation à observer face à la marginalisation du secteur et aux tentatives visant à le détruire.

Par ailleurs, le conseil central de l’organisation agricole a appelé le gouvernement à adopter la politique de discrimination positive au profit du secteur agricole, suggérant l’organisation d’une conférence internationale sur l’investissement dans l’agriculture et les industries agro-alimentaires.

Evoquant le projet de Loi de Finances pour l’année 2019, le président de l’UTAP a souligné dans une déclaration à l’Agence TAP que l’agriculture a été, encore une fois, marginalisée et mise aux oubliettes.

Zar a, par ailleurs, affirmé que l’UTAP refuse, pour le moment, la conclusion d’un Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) entre la Tunisie et l’Union européenne, estimant que la question doit être discutée après la mise à niveau du secteur agricole pour qu’il puisse devenir compétitif.