
À l’occasion de la conférence « Technovation Smoke-Free », organisée ce mercredi 24 juin 2026 à Rabat par Philip Morris International (PMI), le professeur David Khayat, spécialiste en oncologie à l’Université Pierre-et-Marie-Curie en France, a présenté une analyse statistique comparative de l’évolution des facteurs de risque du cancer dans le monde.
Son intervention s’est appuyée sur une comparaison des taux de mortalité liés aux cancers (pour 100.000 habitants), tous âges et sexes confondus, entre les années 1990 et 2023.
Le tabagisme conserve sa première place mondiale
Les données présentées confirment la persistance préoccupante du tabagisme, qui demeure la première cause mondiale de décès par cancer, sans changement de rang entre 1990 et 2023. Selon le professeur Khayat, ce constat renforce la nécessité d’accélérer les stratégies de réduction des risques liés au tabac et de promouvoir les alternatives innovantes sans fumée.
Forte progression des risques métaboliques
Parallèlement, l’étude met en évidence une progression spectaculaire des risques métaboliques. L’hyperglycémie à jeun est passée de la sixième à la deuxième place mondiale parmi les facteurs associés aux décès par cancer entre 1990 et 2023.
De son côté, l’indice de masse corporelle élevé, lié à l’obésité, est passé du septième au troisième rang mondial, illustrant l’impact croissant des modes de vie modernes sur la mortalité liée aux cancers.
Recul relatif des risques environnementaux et professionnels
Concernant les risques environnementaux et professionnels, les données montrent un recul relatif de l’exposition aux particules fines inhalées, qui passent de la deuxième place en 1990 à la cinquième en 2023.
Les cancérogènes professionnels reculent également, passant du cinquième au septième rang mondial.
Alcool et comportements à risque : des évolutions contrastées
S’agissant des autres facteurs comportementaux, les rapports sexuels non protégés conservent la quatrième place dans les deux classements.
En revanche, la consommation excessive d’alcool recule de la troisième à la sixième position.
En bas du classement figurent des facteurs dont le rang est resté stable entre 1990 et 2023 : le tabagisme passif à la neuvième place et la faible consommation de céréales complètes à la dixième. Ils sont précédés par la consommation élevée de viande rouge, qui demeure au huitième rang.
Vers des politiques de santé fondées sur la réduction des risques
En conclusion, David Khayat a souligné que le maintien du tabagisme traditionnel comme principal facteur de risque pour la santé publique, combiné à la progression rapide des risques métaboliques, impose l’adoption de politiques de santé plus souples intégrant les approches de réduction des risques ainsi que les alternatives scientifiques destinées à limiter cette lourde charge sanitaire à l’échelle mondiale.
Hajer Krimi
EN BREF
- Statu quo tabagique : Le tabagisme demeure la première cause mondiale de décès par cancer, sans recul depuis 1990.
- Explosion métabolique : L’hyperglycémie (2e) et l’obésité (3e) progressent drastiquement, marquant un changement de paradigme.
- Amélioration environnementale : Les risques liés aux particules fines et aux cancérogènes professionnels sont en baisse relative.
- Facteurs stables : La consommation de viande rouge, le tabagisme passif et les carences alimentaires restent des facteurs constants.
- Solution proposée : Le Pr Khayat plaide pour des politiques de santé publique intégrant la réduction des risques et l’innovation scientifique.


