Verrerie IndustriePortée par le boom des exportateurs nationaux d’huile d’olive, la Société Tunisienne de Verreries (SOTUVER) signe un premier semestre 2026 marqué par une accélération commerciale spectaculaire. Derrière un chiffre d’affaires en hausse de 27 %, le verrier national opère des arbitrages stratégiques majeurs tout en faisant face à une contraction sévère de ses liquidités.

1. Un virage commercial stratégique porté par l’or vert

Au terme des six premiers mois de l’exercice 2026, la SOTUVER affiche un chiffre d’affaires global de 69,764 millions de dinars tunisiens (MDT), contre 54,840 MDT un an plus tôt, soit une progression remarquable de 27 %. À l’échelle consolidée intégrant sa filiale SGI, l’activité du groupe atteint 144,115 MDT, marquant une croissance plus modérée de 6 %.

Toutefois, cette dynamique globale dissimule un basculement profond du mix commercial de l’entreprise. Portées par la demande massive des conditionneurs d’huile d’olive, les ventes locales enregistrent un bond spectaculaire de 143 %, s’établissant à 28,205 MDT. En parallèle, les exportations s’affichent en léger repli de 4 % à 41,559 MDT. Ainsi, le marché local représente désormais 40 % des revenus de la SOTUVER, contre seulement 21 % lors de la même période en 2025. La direction précise que ce recul à l’international ne traduit pas un essoufflement de la demande étrangère, mais découle d’un arbitrage industriel volontaire au profit des conditionneurs locaux tournés vers l’export.

2. Décalage de production et effort d’investissement ciblé

Alors que l’activité commerciale s’envolait, la valeur de la production industrielle a enregistré une baisse de 5 %, s’établissant à 56,098 MDT contre 58,894 MDT au premier semestre 2025. Ce décalage mécanique entre la trajectoire des ventes et celle de la fabrication industrielle suggère un écoulement de stocks constitués précédemment ou un ajustement temporel de livraisons.

En matière d’investissements, la SOTUVER a alloué 13,371 MDT à son outil industriel, en augmentation de 41 % par rapport au premier semestre 2025. Ces dépenses, représentant environ 19 % du chiffre d’affaires semestriel, ont été consacrées à 99 % à des investissements matériels (13,227 MDT). Axés essentiellement sur l’entretien et le maintien de l’appareil productif, ces flux visent d’abord à pérenniser l’outil de production plutôt qu’à financer un élargissement capacitaire immédiat.

3. Réduction de l’endettement brut et fragilité des liquidités

Sur le plan de la structure financière, le bilan semestriel livre un diagnostic contrasté. La société a réussi à réduire sa dette brute de 17 %, la ramenant de 188,461 MDT à 156,219 MDT, soit un désendettement net de 32,242 MDT. Néanmoins, la structure du passif demeure fortement exposée aux exigences de court terme, qui constituent 55,1 % du total des engagements financiers (86,111 MDT).

Dans le même temps, les placements financiers et liquidités ont subi une chute de 66 %, tombant à 16,499 MDT contre 47,981 MDT un an auparavant, sous l’effet notamment du dénouement de billets de trésorerie souscrits. En conséquence, les liquidités actuelles ne couvrent que 19 % des dettes à court terme à la fin juin 2026, maintenant une dette nette quasi stable à 139,720 MDT. Si la résilience commerciale de la SOTUVER demeure incontestable, la maîtrise de sa trésorerie constituera le défi clé de la seconde moitié de l’exercice.

EN BREF

  • Croissance globale : Le chiffre d’affaires semestriel individuel de la SOTUVER progresse de 27 % à 69,764 MDT, et atteint 144,115 MDT au niveau consolidé (+6 %).
  • Explosion des ventes locales : Hausse de 143 % du marché local (28,205 MDT) grâce au dynamisme de la filière huile d’olive, faisant passer sa part dans le mix global de 21 % à 40 %.
  • Baisse de la production : La valeur de la production industrielle enregistre un repli de 5 % à 56,098 MDT, suggérant un écoulement des stocks existants.
  • Effort industriel : Augmentation de 41 % des investissements (13,371 MDT), quasi exclusivement orientés vers la maintenance et le maintien des outils industriels.
  • Trésorerie sous tension : Malgré un désendettement brut de 17 % (156,219 MDT), les liquidités chutent de 66 % (16,499 MDT), maintenant une dette nette stable autour de 139,7 MDT.