La ville de Zaghouan s’apprête à célébrer la 40e édition du festival de l’églantier (Nesri) qui se tiendra du 29 mai jusqu’au 7 juin. À cette occasion, une conférence de presse a été organisée, samedi, dans un jardin niché au pied du Temple des eaux de cette cité montagneuse située à une cinquantaine de km de Tunis.
Dans une démarche qui ambitionne de dépasser le simple folklore pour renouer avec le rayonnement historique de cette ville, notamment à l’époque romaine, Imen Lahmayer, membre de l’Association du festival d’Ennesri de Zaghouan (AFEZ), experte en agriculture durable et en gestion des écosystèmes naturels, a souligné, dans une déclaration à l’agence TAP, la portée stratégique du festival.
D’après elle, l’églantier ou le Nesri ne constitue pas uniquement un élément du patrimoine végétal local, mais représente une véritable opportunité de développement, susceptible d’impulser une dynamique à la fois locale, nationale et même internationale.
“La culture du Nesri peut devenir un levier économique”, a-t-elle expliqué. Elle peut servir d’emblème fédérateur et d’outil de développement pour la région entière, capable de stimuler l’activité économique.
Zaghouan, avec ses paysages montagneux imposants et son authenticité préservée, dispose, selon Lahmayer, d’un potentiel de séduction indéniable. “Cette ville a toujours été un carrefour social et culturel, un espace où différentes civilisations se sont rencontrées et ont cohabité en harmonie”, a-t-elle rappelé.
Dans cet esprit, le festival se veut aujourd’hui une porte d’entrée vers la redécouverte de la ville, avec l’ambition de raviver son dynamisme, de stimuler sa prospérité et de redonner espoir à ses habitants, a-t-elle ajouté.
Au-delà de la célébration culturelle, cette 40e édition vise à également à tracer une feuille de route stratégique pour renforcer la visibilité de Zaghouan et assurer son rayonnement à plus grande échelle, soulignant la richesse des savoir-faire liés à cette plante fragile et précieuse.
La ville est, dans ce sens, réputée pour une spécialité emblématique: le kaak warka, une pâtisserie d’origine andalouse à base de pâte d’amande, délicatement parfumée à l’eau de l’églantier, le Nesri.
Selon Imen Lahmayer, il s’agit derrière cette 40ème édition du festival du Nesri d’inscrire aussi cette pâtisserie dans le patrimoine immatériel mondial.
La plante de Nesri, selon elle, est une “offrande passante” dont la transmission doit se faire de l’ancienne génération vers la nouvelle dans un esprit de continuité favorisant un essor social, économique et culturel.
Par ailleurs, les organisateurs estiment, de plus, que ce festival du Nesri demeure une vocation de toute la région. Cependant cette manifestation reste ancrée dans une structure précaire ne reposant pas toujours, en ce moment même, sur des moyens financiers solides qui permettent, si jamais ils existent, l’indépendance à long terme de ce festival.
“Car développer ce festival, c’est une manière de développer toute la région de Zaghouan”, laquelle a besoin de retrouver sa dynamique locale afin de donner de l’espoir à ses habitants en des jours meilleurs. Ces derniers, selon elle, tiennent, au final, à une vie de qualité et de dignité à la fois pour eux et pour les générations futures.
Derrière cette conviction, une évidence : au-delà de la culture, c’est bien de la qualité de vie qu’il est question. D’un quotidien plus digne. D’un avenir plus lisible.
À Zaghouan, le Nesri ne se contente plus de fleurir au printemps. Il devient promesse. Une promesse fragile, certes, mais persistante, comme son parfum, qui reste longtemps après que la fleur se soit fanée.


