
Cette stratégie s’inscrit dans le cadre d’une vision axée sur l’exploitation de l’intelligence artificielle au service du développement et du renforcement de la souveraineté numérique, a-t-il encore indiqué.
S’exprimant lors d’une conférence nationale organisée samedi à Tunis par l’Ordre des ingénieurs tunisiens sous le thème ” L’ingénieur au cœur de la stratégie nationale de l’intelligence artificielle”, le ministre a précisé que le secteur de la santé numérique constitue une priorité absolue à travers l’appui au diagnostic médical, au suivi épidémiologique et aux services de télémédecine.
Il a, dans ce cadre, signalé le lancement du projet de l’hôpital numérique en tant que modèle de coopération entre l’université, le système de santé, les startups et le secteur privé.
Par ailleurs, Il a souligné que l’agriculture figure également parmi les domaines prioritaires, grâce à l’utilisation des techniques d’analyse des mégadonnées et de la modélisation prédictive pour renforcer la sécurité alimentaire et hydrique.
Il a, dans ce sens, déclaré que son département a entamé en coopération avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, la mise en place d’une nouvelle version de l’Observatoire national de l’eau permettant un suivi en temps réel de la situation des ressources hydrauliques et l’établissement de prévisions à court et moyen termes basées sur des données impliquant les différents intervenants du système hydrique.
Le ministre a en outre indiqué que cette stratégie englobe le développement d’une gestion intelligente des réseaux électriques et de la distribution des énergies renouvelables, en plus du soutien au transport, à la mobilité intelligente et à l’administration numérique dans le but de simplifier les services et de renforcer la confiance entre le citoyen et les institutions de l’État.
Hemissi a expliqué que la vision nationale de la transformation digitale et de l’intelligence artificielle repose sur quatre axes interdépendants, avec en premier lieu le capital humain et le développement des compétences à travers la révision des programmes de formation d’ingénieurs pour y intégrer l’intelligence artificielle, la science des données et l’éthique technologique, outre des programmes de formation spécialisés pour les cadres en exercice et l’intégration précoce des concepts de l’intelligence artificielle dans les programmes scolaires.
Le deuxième axe concerne, selon le ministre, la recherche et l’innovation par le renforcement de la coopération entre les universités, les centres de recherche et les entreprises économiques, ainsi que la création de centres d’excellence nationaux multidisciplinaires en intelligence artificielle appliquée connectés aux réseaux internationaux, parallèlement à l’appui à l’écosystème des startups et à la mise en place d’un environnement financier et réglementaire adéquat.
Hemissi a affirmé que la gouvernance et les cadres réglementaires représentent aussi un axe fondamental pour garantir la confiance dans l’économie numérique, expliquant que le département ministériel a entamé l’élaboration de cadres juridiques et réglementaires pour une utilisation responsable de l’intelligence artificielle, de manière à garantir la protection des données et de la vie privée tout en respectant le principe de la souveraineté numérique.
Par ailleurs, il a souligné que le capital humain demeure le facteur décisif de toute stratégie réussie de transformation digitale, signalant que la Tunisie possède un potentiel important d’ingénieurs et de compétences scientifiques capables de s’intégrer dans l’ère de l’intelligence artificielle et de développer des solutions adaptées aux contextes tunisien, arabe et africain.
Il a estimé que l’ingénieur tunisien est appelé aujourd’hui à jouer de nouveaux rôles comprenant la conception des systèmes d’intelligence artificielle, l’évaluation de leur fiabilité, la contribution à la création de startups et de nouvelles industries, en plus d’assumer une responsabilité éthique croissante face à l’impact grandissant des systèmes intelligents sur la vie des citoyens.
De son côté, le président de l’Ordre des ingénieurs tunisiens, Mohsen Gharssi, a souligné que l’intelligence artificielle est devenue aujourd’hui un enjeu souverain et stratégique qui dépasse la dimension technique pour se lier directement à l’avenir de l’économie nationale et à la souveraineté numérique, mettant l’accent sur le fait que l’ingénieur tunisien est appelé à jouer un rôle prépondérant en contribuant à la formulation des politiques publiques liées à la transformation digitale.
Il a ajouté que l’organisation de ce séminaire s’inscrit dans le cadre de la volonté de l’Ordre des ingénieurs tunisiens d’ouvrir un débat national réunissant les différents intervenants parmi les responsables, les experts et les universitaires autour de la place de l’ingénieur au sein de la stratégie nationale de l’intelligence artificielle et des défis liés à la formation, à la sécurité numérique, à la gouvernance et à l’éthique de l’intelligence artificielle.
Le programme du séminaire a comporté plusieurs axes relatifs à la stratégie nationale de l’intelligence artificielle, dont la formation, l’entrepreneuriat et la sécurité numérique, ainsi que les questions de gouvernance, d’éthique et de souveraineté numérique, en plus de la présentation d’expériences d’intégration de l’intelligence artificielle au sein des entreprises et de projets d’ingénierie innovants dans les domaines de l’empreinte carbone, de la cybersécurité et de l’intelligence commerciale.


