
Un record historique reflet d’une émulation littéraire
La 30e édition des Prix Comar d’Or, orchestrée à la grande salle du Théâtre de l’Opéra au sein de la Cité de la Culture de Tunis, fera date. Témoin privilégié de l’évolution des lettres tunisiennes depuis 1997, la distinction portée par COMAR Assurances enregistre cette année un record absolu avec 92 romans en lice — dont 59 en langue arabe et 33 en langue française. À titre de comparaison, la session inaugurale d’il y a trois décennies ne comptait que 13 manuscrits.
Cette massification de la production, portant à 1 271 le nombre total d’ouvrages examinés depuis la genèse du prix, démontre la résilience et le dynamisme du tissu éditorial local et de la diaspora, les œuvres en compétition ayant été publiées en Tunisie ou à l’étranger entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026.
La consécration de l’audace et de la diversité narrative
Le jury de langue française, composé de Ridha Kefi, Issam Marzouki, Amina Chnik, Mokhtar Sahnoun et Azza Filali, a décerné le Comar d’Or suprême à un premier roman :
- « Sangoma le guérisseur » (éditions Hikayet), signé par l’écrivain et médecin Hichem Ben Azouz.
- Du côté arabophone, le comité (Mohamed El Qadhi, Naziha Khlifi, Saadia Ben Salem, Toufik Aloui et Neila Jalled) a couronné l’œuvre « Saif Assaouane » de Nasr Belhaj Bettaieb (éditions Khraief).
- Les distinctions majeures s’accompagnent cette année d’une enveloppe revalorisée à 15000 dinars, signal fort du soutien du secteur privé à la création.
L’originalité a également été célébrée via les Prix Spéciaux du Jury, désormais dotés de 7000 dinars. Ils reviennent à :
- Hella Feki pour « Une reine sans Royaume » (éditions JC Lattès) et à
- Fahmi Al-Balti pour « Dam Saye’e » (éditions Kabsa).
- Enfin, la relève est assurée par les Prix Découverte (3 000 dinars) remis à :
- Sofiene Ben M’rad (« Tunis Arkana », éditions SIKELLI) et
- Najoua Kadri (« Al Majda », éditions Arkadia).
Diplomatie culturelle et ancrage institutionnel
Au-delà de la compétition, cette édition anniversaire s’est muée en un véritable plaidoyer pour le rayonnement international du roman tunisien, thématique au cœur des débats organisés à la salle des Jeunes Créateurs. La soirée, rythmée par l’Orchestre Symphonique de Carthage sous la direction de Hafedh Makni, a également honoré l’histoire de l’institution en remettant des hommages officiels à six pionniers fondateurs et six lauréats emblématiques des décennies passées, à l’instar de Yamen Manaï, Faouzia Zouari ou Chokri Mabkhout.
En consolidant son modèle, le Comar d’Or ne se contente pas de distribuer des récompenses ; il s’affirme comme le baromètre de la santé macro-culturelle de la Tunisie.
EN BREF
- Édition Anniversaire : Les prix littéraires Comar d’Or fêtent leurs 30 ans d’existence (création en 1997 par COMAR Assurances).
- Participation Record : Un total historique de 92 romans en compétition pour la session 2026 (59 en arabe, 33 en français).
- Lauréats Suprêmes : Le médecin-écrivain Hichem Ben Azouz (volet francophone) et Nasr Belhaj Bettaieb (volet arabophone) remportent le Comar d’Or.
- Soutien Financier : Revalorisation significative des dotations, le prix principal passant de 10 000 à 15 000 dinars tunisiens.
- Bilan Historique : En trois décennies, l’institution a examiné 1 271 romans, dont 846 en langue arabe et 425 en langue française.


