Formation ELIFECertains accords de coopération de qualité conclus par la Tunisie avec des partenaires européens, particulièrement, dans les domaines de formation et d’initiation aux nouvelles technologies, valent leur pesant d’or, particulièrement, en matière de maîtrise et de transfert technologique.

La création, en Tunisie, à la faveur de financements franco-allemands des centres ELIFE dans les régions intérieures du pays en est une parfaite illustration.

Ces centres ont pour vocation d’assurer à des jeunes tunisiens des formations qualifiantes-réellement qualifiantes- et de les encadrer au mieux pour maîtriser un métier numérique de préférence dans les entreprises industrielles. Il s’agit aussi de les accompagner pour créer des entreprises innovantes (incubation de startups).

Les formations assurées par la dizaine de centres ELIFE sont, à priori, parmi les ^pistes les mieux indiquées pour former ces nouveaux ouvriers « numérisés ».

Concrètement, ces centres auront, entre autres, pour mission, de mettre à niveau les jeunes diplômés des Instituts supérieurs des études technologiques (ISET) afin d’augmenter leur chance d’insertion professionnelle et ce grâce à un programme de formation portant sur les volets suivants : Langue & Communication pour s’adapter au langage technologique, préparation aux métiers du numérique (développement logiciel, Business Intelligence…).

« La Tunisie, qui n’a pas les moyens financiers publics requis pour développer toute seule un programme de numérisation, pourrait promouvoir, au moindre coût, toute une stratégie d’adaptation technologique. »

Les centres ELIFE assurent des formations qualifiantes

Au plan macro’économique, ces formations ont pour mérite de répondre, parfaitement, aux besoins actuels du site Tunisie de production internationale. Ces mêmes besoins qui consistent à s’adapter aux nouvelles exigences des investisseurs extérieurs. Ces derniers n’exigent plus pour s’implanter dans un site étranger en raison des avantages compétitifs des bas salaires qu’il offre comme c’était le cas jusqu’à une récente date mais d’ouvriers plus qualifiés maitrisant l’outil numérique et les nouvelles technologies.

Actuellement, la Tunisie compte déjà, six centres technologiques ELIFE opérationnels à Sidi Bouzid, Tozeur, Siliana, Béja, Le Kef et Djerba.

Ceux de Sidi Bouzid et de Tozeur ont été inaugurés, les 16 et 17 juin 2026, en grande pompe par l’Ambassadrice de France Anne Guéguen et son homologue allemande Elisabeth Wolbers. Au total une dizaine de centres ELIFE sont programmés dans le pays. Les quatre prochains centres seront réalisés à Gafsa, à Kairouan, à Gabès et à Médenine.

A regarder de près ces structures et à défaut de moyens financiers conséquents disponibles, la Tunisie peut en tirer le meilleur profit pour booster, au moindre coût, la numérisation de son tissu industriel on shore et off shore.

Les seules conditions que doit réunir le gouvernement tunisien pour en tirer les meilleurs avantages et en faire profiter des générations entières sont, à notre avis, au nombre de deux.

« Les investisseurs n’exigent plus uniquement des bas salaires, mais des ouvriers qualifiés maîtrisant l’outil numérique. »

La Tunisie peut en tirer le meilleur profit

La première consisterait à choisir, en amont, parmi les bénéficiaires, les apprenants les mieux prédisposés à assimiler les nouvelles technologies et à les maîtriser. Dans cette perspective, l’organisation d’un concours national serait souhaitable.

La deuxième serait, pour les départements ministériels concernés, d’assurer, en aval un suivi rigoureux des résultats de ces sessions de formation aux fins d’en faire un programme national et de numérisation et de le généraliser à toutes les structures de formation concernées.

En accompagnement, il serait vivement recommandé de prévoir un programme national pour la formation de formateurs et un autre pour l’essaimage dans les entreprises industrielles des technologies enseignées dans les centres ELIFE.

Morale de l’histoire : la Tunisie, qui n’a pas les moyens financiers publics requis pour développer toute seule, un programme de numérisation compétitif pourrait promouvoir, au moindre coût à partir du know haw inculqué lors de simples sessions de formation, toute une stratégie d’adaptation aux nouvelles technologies dont l’Intelligence artificielle (IA).

Et pour ne rien oublier, parallèlement à la création des centres ELIFE, il existe d’autres programmes de coopération dédiés à la numérisation des travailleurs et entrepreneurs du monde numérisé.

« Ce que la Tunisie a perdu avec l’offshore industriel, elle peut le rattraper avec une volonté développementale axée sur le savoir-faire numérique. »

Le programme allemand « Invest for jobs ? »

Le plus visible est, à notre avis, un autre programme allemand fort intéressant dédiée au développement des nouveaux métiers en Afrique et dont la Tunisie pourrait en profiter.

Dénommé, « Invest for Jobs ? »et créé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) , le projet a pour objectif, en termes de développement, de créer avec les entreprises des emplois de qualité-bien des emplois de qualité- et d’améliorer les conditions de travail et la protection sociale dans les pays africains partenaires. Ces derniers étant : la Tunisie, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, l’Éthiopie, le Ghana, le Maroc, le Rwanda et le Sénégal.

Un des objectifs majeurs d’« Invest for Jobs ? » est de promouvoir de manière ciblée des sites économiques et des secteurs de croissance attrayants et prometteurs à long terme dans les pays partenaires précités, y compris les parcs commerciaux et industriels. A titre indicatif, pour le cas de la Tunisie, plusieurs activités à haute valeur technologique et marchande ont été ciblées : Il s’agit, entre autres, des secteurs automobile et aéronautique et de l’industrie textile.

Au final, nous pouvons avancer que ce que la Tunisie a perdu avec l’off shore industriel pendant plus d’un demi siècle, peut se rattraper avec les nouveaux programmes de formation pour peu qu’elle fasse preuve d’une grande volonté développementale et qu’elle valorise la moindre nouveauté technologique inculquée à ses jeunes.

ABS

EN BREF

  • Cap sur le numérique : Les centres ELIFE forment la nouvelle génération d’ouvriers et entrepreneurs “numérisés” dans les régions intérieures.
  • Partenariats stratégiques : La coopération franco-allemande sécurise le transfert technologique via des financements ciblés.
  • Compétitivité 2.0 : La Tunisie délaisse l’attractivité par les bas salaires au profit de la haute valeur technologique.
  • Objectif industriel : Les secteurs aéronautique, automobile et textile sont au cœur du programme « Invest for Jobs ».
  • Gouvernance exigée : Une montée en charge nécessite une sélection nationale des apprenants et un suivi rigoureux des acquis.