
1. Une purge technique sur fond de repli spectaculaire
Le cours de l’or traverse une zone de turbulences majeures. Après avoir touché les 5 595 dollars l’once, la relique barbare s’est repliée aux alentours de 4 100 dollars, purgeant les excès d’un début d’année euphorique. Cette chute efface brutalement les plus-values des investisseurs entrés en fin de cycle. La baisse n’épargne pas les grands établissements bancaires, contraints de réviser leurs modèles de valorisation pour intégrer un environnement macroéconomique durci.
2. Le grand désengagement des ETF financiers
Les fonds cotés (ETF) adossés à l’or physique constituent le baromètre le plus explicite de cette désaffection. Le World Gold Council fait état de décollectes nettes s’élevant à 8,9 milliards de dollars en juin, matérialisant une contraction des réserves de 74 tonnes. Si l’Amérique du Nord concentre l’essentiel des retraits, l’Asie maintient un solde positif, rappelant que la défiance n’est pas uniforme mais géographique et tactique.
3. Le piège des taux d’intérêt et l’arbitrage rendement
Le moteur de cette correction réside dans la mécanique des taux d’intérêt réels. L’or, actif stérile ne versant aucun coupon, subit de plein fouet la hausse des rendements obligataires américains. L’équation devient défavorable face à des titres souverains mieux rémunérés et à un dollar revigoré. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, habituellement favorables aux valeurs refuges, ont paradoxalement ravivé des craintes d’inflation et conforté la posture restrictive des banques centrales.
4. Les banques centrales en rempart systémique
En dépit de ce reflux, le marché échappe à la spirale baissière grâce à l’action des institutions monétaires. Après un premier trimestre timoré à 57 tonnes, les banques centrales ont réinjecté de la liquidité en acquérant 289 tonnes au deuxième trimestre. Pour ces acteurs souverains, l’or répond à une logique de dédollarisation et de protection contre la fragmentation financière, sans lien avec les fluctuations trimestrielles des cours.
EN BREF
- Décrochage sévère : L’or s’établit autour de 4 100 $, accusant un recul de 25 % depuis son pic historique de 5 595 $.
- Fuite des ETF : Les fonds indiciels ont enregistré 8,9 milliards de dollars de sorties nettes en un mois.
- Révision bancaire : HSBC et Bank of America ont abaissé leurs prévisions moyennes 2026 respectivement à 4 560 $et 4 360$.
- Pivot institutionnel : Les banques centrales ont acquis 345 tonnes au premier semestre, stabilisant le marché.
- Marché tunisien : La baisse internationale est partiellement absorbée par la monnaie locale, l’inflation et les coûts de structure.


