Le Théâtre romain de Carthage a accueilli jeudi soir “Tierra Bendita” (Terre Bénie), une création chorégraphique espagnole portée par le Ballet Flamenco de Andalucía présentée dans le cadre de la 60ème édition du Festival International de Carthage.

Conçue comme un dialogue entre le flamenco traditionnel et une écriture chorégraphique contemporaine, cette performance explore la mémoire, les paysages et la nostalgie des différentes provinces andalouses.

Cette création, développée par l’Instituto Andaluz del Flamenco de la Junta de Andalucía, s’inscrit dans le cadre des recommandations de l’UNESCO pour la préservation et la diffusion de ce patrimoine culturel.

Le Ballet Flamenco de Andalucía, lauréat du Prix National de chorégraphie, a contribué à révéler plusieurs figures de la danse espagnole. Célébrant son 30ème anniversaire, la compagnie entame une nouvelle étape sous la direction artistique de la bailaora et chorégraphe Patricia Guerrero, Prix National de Danse 2021.

Sa directrice artistique propose une lecture qui associe l’esthétique historique du XVIIIe siècle et les expressions du XXIe siècle, à travers une écriture musicale qui mêle les sonorités traditionnelles du flamenco à des influences plus contemporaines.

Avant la représentation, Patricia Guerrero a confié à l’agence TAP, s’exprimant en espagnol : « Nous sommes très heureux d’être en Tunisie, dans le cadre de ce magnifique festival, au sein de ce somptueux amphithéâtre. Je suis convaincue que cette soirée sera exceptionnelle. Nous présenterons Tierra Bendita, un spectacle qui rend hommage à notre terre, l’Andalousie. À travers cette création, nous faisons découvrir un flamenco inspiré des recoins et des lieux les plus authentiques de notre région. »

Dans les coulisses, les danseurs et les danseuses échangeaient les derniers regards complices, tandis que les membres de la troupe circulaient calmement dans un espace baigné d’une lumière tamisée. Chacun semblait concentré sur les ultimes préparatifs à quelques instants du lever de rideau.

Sur la vaste scène du Théâtre antique de Carthage, enveloppée d’une lumière tamisée, les danseuses et danseurs ont occupé la scène avec une gestuelle sobre et précise. Les corps dessinaient des lignes épurées, tandis que la pénombre soulignait les silhouettes, renforçant l’atmosphère solennelle de la chorégraphie.

L’immensité du plateau a mis en valeur chaque mouvement, créant un dialogue entre la troupe et l’architecture millénaire du théâtre.

L’un des moments forts de cette création réside dans l’impressionnante chorégraphie du couple de solistes. Dans un pas de deux et enlacés dans un mouvement d’une grande rigueur technique, les deux partenaires traduisent le dialogue entre les références classiques et une écriture plus contemporaine.

Le spectacle a suivi une construction scénique traditionnelle rigoureuse. Drapées initialement dans leurs châles de Manille, les danseuses ont ensuite dévoilé l’intensité de leurs chorégraphies, notamment à travers de longues robes jaunes.

Portés par les quejíos, les guitares et le zapateado, le spectacle a progressivement gagné en intensité. Malgré la langue des chants, l’interprétation a dégagé une force émotionnelle, comme en témoignaient les réactions du public.

Au terme de la représentation, l’ensemble de la troupe a rejoint la scène pour le salut final sous une ovation chaleureuse du public.