Economie vertLe ministère tunisien de l’Environnement a lancé un financement de 20 millions de dinars pour soutenir les projets d’économie verte, bleue et circulaire. Ce dispositif offre aux entreprises et aux jeunes promoteurs des crédits allant jusqu’à 500 000 dinars, assortis d’un remboursement sur 10 ans et d’une période de grâce de 3 ans.

Un choc de financement pour l’entrepreneuriat durable

L’annonce faite ce mercredi 20 mai 2026 par Dalenda Ezzeddine, responsable de la cellule des investissements au ministère de l’Environnement, marque un tournant opérationnel. En injectant 20 millions de dinars (MDT) sur le marché, l’État cible directement les PME, les grands promoteurs, mais surtout la jeunesse entrepreneuriale.

Avec un plafond fixé à 500 000 dinars par projet, cette ligne de crédit ne se contente pas de subventionner l’existant : elle ambitionne de structurer de véritables filières d’avenir. Les conditions d’octroi s’avèrent particulièrement incitatives pour briser la frilosité bancaire traditionnelle : un remboursement étalé sur dix ans, une période de grâce de trois ans et l’absence totale d’intérêts bancaires classiques, l’emprunteur ne s’acquittant que du taux d’intérêt de référence appliqué.

Économie verte et circulaire : la fin du modèle linéaire

Le périmètre d’action de ce financement redessine les contours de l’industrie et des services de demain. Le volet “économie verte” s’attaque aux secteurs à forte empreinte : agriculture biologique, éco-tourisme, infrastructures durables et traitement des eaux usées.

Parallèlement, le pivot vers l’économie circulaire ambitionne de détacher la croissance tunisienne de la surconsommation de ressources. Le recyclage, la valorisation des déchets et la réintégration des matériaux dans les cycles de production ne sont plus de simples obligations RSE, mais deviennent des modèles d’affaires hautement subventionnés pour rationaliser l’usage de l’énergie.

Le gisement sous-exploité de l’économie bleue

C’est l’autre pilier majeur de cette initiative. La Tunisie, forte de ses 1 300 kilomètres de côtes, cherche à structurer son économie bleue. La ligne de crédit financera prioritairement la pêche durable, la protection des écosystèmes marins et la lutte contre la pollution marine.

En liant la valorisation des ressources hydriques à l’investissement privé, le ministère de l’Environnement tente de transformer un défi écologique majeur en un levier de croissance bleue, capable de générer des emplois locaux non délocalisables.

EN BREF

  • Enveloppe globale : 20 millions de dinars tunisiens débloqués par le ministère de l’Environnement via le Fonds de lutte contre la pollution.
  • Cibles : Entreprises, promoteurs et jeunes porteurs de projets dans les secteurs écologiques.
  • Plafond par projet : Jusqu’à 500 mille dinars d’aide financière par dossier.
  • Avantages financiers : Remboursement sur 10 ans, période de grâce de 3 ans, et absence d’intérêts bancaires (uniquement le paiement du taux appliqué).
  • Secteurs clés : Économie verte (agri-bio, éco-tourisme), économie bleue (pêche durable, gestion hydrique) et économie circulaire (recyclage).