La Tunisie a plaidé, jeudi, pour un accès équitable aux engrais et pour le renforcement de son rôle en tant que hub régional de production et de distribution des engrais phosphatés, à l’occasion de la réunion ministérielle de la Conférence MED9++ tenue à Rome.
Intervenant par visioconférence, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a appelé les pays méditerranéens à adopter une position commune afin d’empêcher et de condamner l’instrumentalisation de la faim comme arme, insistant sur l’urgence de garantir la sécurité alimentaire et l’accès aux engrais dans l’espace méditerranéen.
La réunion, coprésidée par les ministres des Affaires étrangères de l’Italie, Antonio Tajani, et de la Croatie, Gordan Grlić Radman, a réuni près de 40 États ainsi que plusieurs organisations régionales et internationales autour du renforcement de la coordination en matière de sécurité alimentaire et d’approvisionnement en engrais via le détroit d’Ormuz.
Dans son intervention, Nafti a présenté cinq propositions au mécanisme MED9++ visant à renforcer la résilience agricole et alimentaire dans la région méditerranéenne. Il a notamment préconisé la diversification des sources de matières premières nécessaires à la production d’engrais afin de réduire l’impact des tensions géopolitiques, ainsi que le soutien à la production locale et régionale à travers des investissements dans les chaînes de valeur agricoles.
Le ministre a également plaidé pour la mise en place de mécanismes de financement innovants et adaptés aux pays du Sud, la création de systèmes régionaux d’alerte précoce et de coordination logistique, ainsi que pour un accès plus équitable aux produits agricoles des pays du Sud sur les marchés européens.
Le chef de la diplomatie tunisienne a inscrit ces propositions dans le cadre de l’initiative de l’Union européenne relative au Pacte pour la Méditerranée, estimant que le principal défi réside moins dans la multiplication des initiatives que dans la capacité collective à les traduire en engagements concrets, accompagnés de mécanismes de mise en œuvre clairs et de ressources suffisantes.
En conclusion, Nafti s’est prononcé en faveur de la construction d’un secteur agricole « fort et résilient », fondé sur des partenariats durables aux niveaux régional et international, ainsi que sur la préservation des ressources hydriques.


