
La fin de l’attentisme bancaire
L’heure n’est plus à la simple gestion de la résilience. En recevant les premiers responsables des banques tunisiennes, le Gouverneur Fethi Zouhaier Nouri a posé un diagnostic sans équivoque : si le système financier a prouvé sa solidité face aux crises successives, sa déconnexion relative de l’économie réelle devient un risque systémique à long terme. Pour le patron de la BCT, la performance bancaire ne peut être durable si elle ne s’adosse pas à une croissance inclusive et vigoureuse.
Le repositionnement vers les PME et l’innovation
Au cœur des échanges, la problématique du financement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) a occupé une place centrale. Le Gouverneur a exhorté les banques à simplifier leurs procédures et à accroître leur transparence tarifaire. Ce changement de paradigme vise à transformer une épargne parfois dormante en un levier d’investissement productif. L’objectif est clair : orienter les liquidités vers les secteurs à fort potentiel de croissance et de création d’emplois, rompant ainsi avec une prudence jugée aujourd’hui excessive.
Vers une feuille de route opérationnelle
L’annonce majeure de cette rencontre réside dans la création d’un groupe de travail sous l’égide du Conseil Bancaire et Financier (CBF). Ce comité dispose d’un mois pour soumettre une feuille de route opérationnelle. Il ne s’agit plus de déclarations d’intention, mais d’engagements concrets pour améliorer l’accès aux services financiers, accélérer la digitalisation des moyens de paiement et assurer une meilleure transmission de la politique monétaire.
La BCT se positionne en superviseur rigoureux de cette mue nécessaire.


