L’Union pour la Méditerranée (UpM) a annoncé l’adoption officielle de son Plan d’action 2030 sur la protection civile et la gestion des risques de catastrophes, à l’occasion du 3e Atelier euro-méditerranéen sur les risques d’incendie qui se tient les 7 et 8 mai à Nicosie, en Chypre.
Co-organisé par la Commission européenne (DG ECHO) et l’UpM, cet atelier réunit des responsables politiques, des experts en protection civile ainsi que des partenaires opérationnels issus de l’ensemble de l’espace euro-méditerranéen afin d’examiner les défis croissants liés aux incendies de forêt et aux incendies industriels.
Selon un communiqué publié jeudi, le Plan d’action 2030 de l’UpM, approuvé officiellement en avril dernier après une série de consultations avec les États membres, constitue le cadre régional “le plus complet jamais adopté” dans le domaine de la coopération euro-méditerranéenne en matière de protection civile et de gestion des catastrophes.
Présenté pour la première fois lors du 10e Forum régional de l’UpM tenu à Barcelone en novembre 2025, à l’occasion du 30e anniversaire du Processus de Barcelone, ce plan établit une feuille de route visant à renforcer les systèmes de prévention, de préparation, de réponse et de relèvement face aux catastrophes dans la région méditerranéenne.
Le document prévoit notamment le développement des systèmes d’alerte précoce, l’organisation d’exercices conjoints, l’élaboration de cadres communs d’évaluation des risques ainsi que la mise en place progressive d’un Cadre méditerranéen de protection civile destiné à compléter le mécanisme européen de protection civile.
Faisant suite aux éditions précédentes organisées à Tunis en 2024 puis à Barcelone en 2025, l’atelier de Nicosie constitue le premier grand rassemblement opérationnel organisé sous les auspices du nouveau Plan d’action.
Les discussions portent principalement sur les risques liés aux incendies de forêt et aux incendies industriels, notamment dans les zones portuaires, les installations énergétiques et les sites chimiques situés dans les corridors industriels méditerranéens.
Les participants examinent également les moyens de renforcer la détection précoce grâce aux technologies satellitaires, aux outils basés sur l’intelligence artificielle et aux mécanismes de prévision et d’aide à la décision, outre les cadres de gouvernance nécessaires à la gestion des risques transfrontaliers.
Le communiqué souligne, dans ce contexte, que la région méditerranéenne se réchauffe 20% plus rapidement que la moyenne mondiale, accentuant considérablement les risques d’incendies majeurs.
L’UpM rappelle qu’en 2024, le Portugal a enregistré sa pire année d’incendies depuis 2017 avec plus de 143 mille hectares ravagés, tandis que les feux ayant touché la région de l’Attique en Grèce ont détruit plus de 10 mille hectares et entraîné des milliers d’évacuations.
L’année 2025 a, par ailleurs, été marquée par “la pire saison de feux de forêt jamais enregistrée dans l’Union européenne”, avec plus d’un million d’hectares brûlés dans les États membres, selon la même source.
L’UpM a également annoncé le lancement prévu cette année de la Station aérienne régionale de lutte contre les incendies de Chypre (CRAFS Fire Hub), présentée comme une plateforme régionale permanente destinée à renforcer la coordination des opérations aériennes de lutte contre les incendies dans l’espace méditerranéen.
Cité dans le communiqué, le Secrétaire général adjoint de l’UpM chargé de la stabilité et de la résilience, Joan Borrell Mayeur, a estimé que “dans une région où un incendie de forêt peut franchir les frontières avant même la mobilisation des premiers moyens aériens, la coopération n’est plus optionnelle mais constitue une condition essentielle de l’efficacité”.


