L’Institut Pasteur de Tunis (IPT) a accueilli, le 5 mai, une formation régionale consacrée à la « surveillance environnementale des virus dans les pays de l’Afrique du Nord : stratégies de sélection des sites et collecte des échantillons », organisée dans le cadre du projet de recherche régional EnSurPoV portant sur la mise en place de systèmes de surveillance environnementale des poliovirus et des virus des hépatites A et E.

Cette session de formation a réuni 22 experts et chercheurs de Tunisie, d’Algérie et de Libye, représentant notamment l’Institut Pasteur d’Algérie, le National Center for Disease Control (Libye) ainsi que la Direction de l’Hygiène du Milieu et de la Protection de l’Environnement (DHMPE) relevant du ministère tunisien de la Santé.

Dans une déclaration à l’agence TAP, la coordinatrice du projet, Sondes Haddad Boubaker, maître de conférences et chercheuse au laboratoire de virologie clinique de l’Institut Pasteur de Tunis, a indiqué que les travaux de cette formation ont porté sur le processus scientifique de collecte et d’acheminement des échantillons vers les laboratoires dans le respect des normes de sécurité sanitaire.

Le programme a combiné des sessions scientifiques et des travaux pratiques, avec une visite de terrain à la station d’épuration de Chotrana, permettant aux participants de renforcer leurs compétences en matière de sélection des sites, de collecte et de transport des échantillons dans des conditions réelles.

Selon la même source, les chercheurs ont déjà entamé, dans le cadre de ce projet qui s’étend de décembre 2025 à décembre 2027, les opérations mensuelles de collecte d’échantillons et les analyses de laboratoire nécessaires.

Lancé officiellement le 10 avril 2026, le projet régional vise à renforcer les capacités de détection des virus responsables de maladies infectieuses, dans le cadre des efforts d’éradication de la poliomyélite et de réduction de la transmission des hépatites virales A et E.

Considérée par l’Organisation mondiale de la Santé comme un outil d’alerte précoce essentiel, la surveillance environnementale repose sur l’analyse des eaux usées afin de détecter la circulation des virus au sein de la population avant l’apparition des cas cliniques.

Cette approche revêt une importance particulière, notamment parce que de nombreuses infections, en particulier celles liées au poliovirus et au virus de l’hépatite A, peuvent être asymptomatiques. L’analyse des eaux usées permet ainsi d’identifier précocement la présence des agents pathogènes avant l’apparition de symptômes tels que la paralysie ou la jaunisse.

Les virus des hépatites A et E sont des infections hépatiques aiguës transmises principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Elles provoquent généralement des symptômes soudains tels que la fièvre, les nausées et l’ictère, et guérissent le plus souvent spontanément, bien que l’hépatite E puisse présenter des risques graves, notamment chez les femmes enceintes.

À travers cette initiative, l’Institut Pasteur de Tunis réaffirme son engagement en faveur du renforcement des capacités en surveillance environnementale, un axe stratégique pour le suivi des agents pathogènes et la protection durable de la santé publique en Afrique du Nord.