La Tunisie fait face à une crise budgétaire majeure en 2026. L’économiste Ridha Chkoundali alerte que les hypothèses de croissance (3,3%) et de prix du pétrole (63,3$) sont rendues irréalistes par la guerre au Moyen-Orient. Avec des recettes fiscales inatteignables et un déficit aggravé, il préconise l’adoption immédiate d’une “loi d’urgence financière” pour remplacer un budget désormais caduc.
La guerre au Moyen-Orient bouleverse les équilibres économiques mondiaux, l’économiste Ridha Chkoundali alerte : «On ne peut se limiter à la mesure sur le pain de son, il faut une loi d’urgence financière pour sauver ce qui peut l’être».
Des hypothèses budgétaires dépassées
La loi de finances 2026 a été bâtie sur deux piliers fragiles : une croissance de 3,3 % et un prix du baril de pétrole fixé à 63,3 dollars. Or, selon les dernières estimations du FMI, la Tunisie ne dépasserait pas 2,1 % de croissance, voire moins si le conflit se prolonge. Quant au pétrole, il pourrait frôler les 100 dollars, entraînant une explosion des dépenses publiques.
Des recettes fiscales impossibles à atteindre
Avec une croissance en berne, l’État ne pourra pas collecter les 47,8 milliards de dinars de recettes fiscales prévues. « Il est très difficile, voire impossible, d’atteindre ce montant », souligne Chkoundali. Le déficit budgétaire risque donc de s’aggraver, rendant caduc le schéma adopté par le Parlement.
Vers une loi de finances complémentaire… ou plus
Face à ces déséquilibres, un simple ajustement budgétaire ne suffira pas. L’économiste plaide pour une loi de finances complémentaire afin de corriger les hypothèses erronées, mais surtout pour une loi d’urgence financière. Celle-ci devrait prévoir plusieurs scénarios et mobiliser une cellule de crise autour du Président, composée des meilleures compétences tunisiennes.
Des choix politiques douloureux
Les solutions envisagées par le gouvernement – comme le recours au FMI, la réduction des recrutements publics ou le report de projets – apparaissent inévitables. Mais elles sont politiquement sensibles : hausse des prix des carburants, gel des salaires, inflation galopante… autant de mesures qui menacent la paix sociale et mettent en tension les engagements présidentiels.
Ridha Chkoundali prévient : « La Tunisie ne peut se contenter de mesures symboliques. Seule une stratégie d’urgence, lucide et courageuse, permettra de limiter les dégâts d’une crise géopolitique qui dépasse ses frontières ».
A.B.A
EN BREF
- Alerte Économique : L’économiste Ridha Chkoundali juge le budget 2026 irréaliste face à l’impact de la guerre au Moyen-Orient.
- Hypothèses Caduques : La croissance prévue (3,3%) est surestimée par rapport aux projections du FMI (2,1%) et le baril (63,3$) risque d’exploser vers 100$.
- Recettes Fiscales Impossibles : L’État ne pourra pas collecter les 47,8 milliards de dinars prévus, aggravant le déficit.
- Solution Proposée : Chkoundali appelle à une “loi d’urgence financière” et une cellule de crise autour du Président, plutôt qu’une simple loi complémentaire.
- Risque Social : Les mesures inévitables (hausse carburants, gel salaires) menacent la paix sociale et les engagements politiques.



