Royaume-Uni : Cameron attaché à la liberté de circulation dans l’UE

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ère allemande Angela Merkel en conférence de presse à Londres le 7 janvier 2015 (Photo : John Stillwell)

[07/01/2015 21:47:25] Londres (AFP) Soucieux de s’attirer les bonnes grâces de la chancelière allemande dans son combat pour une réforme de l’Union européenne, le Premier ministre britannique l’a assurée mercredi de son engagement pour la liberté de circulation des citoyens européens.

“Je soutiens la liberté de circulation, c’est aux abus que je veux mettre fin”, a affirmé David Cameron au cours d’une conférence de presse commune avec Angela Merkel, en visite à Londres.

L’afflux de migrants venus d’Europe et en particulier d’Europe de l’Est est perçu par son gouvernement comme un problème prioritaire.

Face à une partie de la population qui estime que ces migrants privent de travail les Britanniques et pèsent sur les versements sociaux, et face à la progression dans les sondages du parti europhobe Ukip, M. Cameron s’était engagé à l’automne à mettre un frein à cette immigration.

Il s’était attiré immédiatement une fin de non-recevoir de ses partenaires européens, et en premier lieu de Mme Merkel qui lui avait signifié que la liberté de circulation –inscrite dans les traités européens– était non négociable.

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à Londres le 7 janvier 2015 (Photo : John Stillwell)

Fin novembre, M. Cameron avait revu sa copie, annonçant qu’il voulait faire en sorte que les immigrants européens ne puissent plus prétendre à des prestations sociales avant quatre ans de présence dans le pays, qu’ils le quittent s’ils ne trouvaient pas d’emploi avant six mois et que ceux dont les enfants résident à l’étranger ne puissent plus toucher d’allocations pour eux.

Prudente, Mme Merkel s’est contentée d’admettre mercredi que les abus devaient être combattus. Mais “nous devons en parler avec nos autres partenaires”, a-t-elle souligné, alors que M. Cameron espérait un signe plus fort de soutien, à lire la presse britannique mercredi matin.

-“Réussir la réforme de l’UE”-

A quatre mois d’élections législatives au Royaume-Uni, M. Cameron veut convaincre les eurosceptiques qui penchent pour l’Ukip qu’il les a entendus, alors que le parti d’opposition travailliste mène pour l’instant légèrement dans les sondages. En cas de victoire de son parti conservateur, M. Cameron a promis d’organiser un référendum sur l’appartenance à l’UE d’ici à la fin 2017, et peut-être même plus tôt a-t-il dit dimanche.

Interrogé mercredi sur la possibilité de voir le Royaume-Uni quitter l’UE, M. Cameron a répondu qu’il ne pensait pas que “ce soit la bonne réponse”. “Je veux réussir la réforme au sein de l’UE”, a-t-il ajouté

“Je ne veux pas cacher que je veux garder le Royaume-Uni du sein de l’UE”, a répondu à la même question Mme Merkel, refusant d’envisager un scénario de sortie. “Je ne réponds jamais aux conjectures”, a-t-elle ajouté, usant de l’une de ses phrases favorites.

Après leur conférence de presse, les deux dirigeants devaient dîner ensemble et aborder la préparation du sommet de sept plus grandes puissances économiques de la planète (G7), les 7 et 8 juin dans le sud de l’Allemagne.

Dans la matinée, ils avaient publié une déclaration commune dans laquelle ils appelaient à “faire plus pour rendre l’UE plus stable et compétitive qu’elle ne l’est aujourd’hui”, encourager la libre entreprise et le commerce, en particulier en adoptant l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis en 2015.

En début de conférence de presse, les deux dirigeants, qui ont appelé ensemble le président François Hollande au téléphone, ont réaffirmé leur révulsion face à l’attentat “barbare” contre le journal satirique Charlie Hebdo.