[10/11/2011 18:29:52] PARIS (AFP) L’écart entre le taux à 10 ans de l’Allemagne et de la France a atteint un nouveau record depuis la création de la zone euro jeudi sur le marché obligataire, où l’Italie a elle retrouvé un peu d’air.
Signe du manque de confiance des investisseurs dans la zone euro, le “spread”, ou écart de taux entre Paris et Berlin, pourtant notés l’un et l’autre “triple A”, a été propulsé à un nouveau plus haut, effaçant le record de la veille.
Le “spread”, ou écart de taux, a touché 170,2 points de base (1,702 point de pourcentage) vers 17H45 (16H45 GMT), sous l’effet d’une forte tension du rendement français. Vers 18H20, il était à 168,7 points de base.
Cette tendance reflète surtout la forte hausse du taux à 10 ans français, qui grimpait à 3,456% (contre 3,189% mercredi à la clôture).
De son côté, le rendement de son homologue allemand se tendait dans des proportions bien moindres à 1,776% (contre 1,719%).
Pour Cyril Régnat, stratégiste obligataire chez Natixis, l’écart entre l’Allemagne et la France est “difficile à expliquer”. “C’est assez étonnant parce qu’on a eu des annonces importantes en début de semaine”, avec la mise en place d’un nouveau plan d’austérité français, explique-t-il.
Selon lui, “c’est toujours les mêmes craintes, sur le triple A français, la fragilité des banques”.
Le record du “spread” intervient alors que l’agence de notation financière Standard and Poor’s (SP) a avoué jeudi une incroyable bourde: dans un communiqué, elle a annoncé avoir diffusé par erreur à certains de ses abonnés un “message” faisant état d’une dégradation de la note de la France.
La pression s’est en revanche amoindrie sur l’Italie, qui voyait ses taux reculer à 6,873% (contre 7,226%), après un record à 7,483% la veille.
“Cela va un peu mieux sur l’Italie, grâce à l’adjudication de ce matin qui est assez rassurante parce qu’il y a eu une grosse demande des investisseurs”, juge M. Régnat.
L’Italie a dû s’acquitter toutefois de taux en forte hausse pour emprunter 5 milliards d’euros à un an, alors que la demande atteignait 10 milliards.
Le prochain grand test qui attend le pays est l’emprunt prévu lundi à 5 ans, avec un montant espéré de 1,5 à 3 milliards d’euros.
“On pourrait avoir une adjudication comparable à celle d’aujourd’hui, même si cela coûte un peu cher. Cela prouverait que l’Italie est capable de trouver des investisseurs”, explique le stratégiste.
Les investisseurs s’inquiétaient encore de l’avenir politique du pays, mais pourraient accueillir favorablement la possible arrivée de l’ex-commissaire européen Mario Monti, économiste réputé, à la tête du gouvernement, qui vient de recevoir le soutien de Silvio Berlusconi.
De son côté, le taux espagnol à 10 ans montait à 5,829% (contre 5,788% la veille.
En Grèce, le taux à 10 ans se tendait à 26,918% (contre 26,362%). L’ex-vice président de la Banque Centrale Européenne, Lucas Papademos, 64 ans, un des artisans de l’ancrage grec à l’euro, a été chargé jeudi par le président de la République de former un gouvernement de coalition.
“C’est une bonne nouvelle, que le marché n’a pas encore intégrée. On attend maintenant des annonces et des engagements de la part de la nouvelle équipe”, pour M. Régnat.
Hors zone euro, le taux du Gilt britannique progressait à 2,228% contre 2,176% la veille, jour où il a atteint un plus bas historique en séance à 2,115%.
Outre-Atlantique, le rendement du bond du Trésor à 10 ans montait à 2,062% contre 1,995% mercredi tout comme celui à 30 ans à 3,113% contre 3,028%. Les taux à trois mois étaient nuls, alors qu’ils étaient à 0,01% mercredi.
Sur le marché interbancaire, l’Euribor à trois mois, principal taux en zone euro, a baissé à 1,464% contre 1,470% mercredi, tandis que le Libor à trois mois libellé en dollars est monté à 0,453% contre 0,449% la veille.


