
Sous le thème “Chaînes de valeur africaines : Développer des leviers stratégiques pour la transformation du continent”, les participants vont explorer les mécanismes de financement nécessaires pour structurer des industries locales robustes. Au programme de cette conférence, des interventions de haut niveau, incluant des représentants du gouvernement en Tunisie et des partenaires internationaux, avec un focus particulier sur l’industrialisation et l’intégration régionale.
La Guinée est l’invité d’honneur africain et le Canada est l’invité d’honneur international à cette édition de “FITA” qui s’est fixée, entre autres objectifs, d’encourager les partenariats Sud-Sud pour une production locale plus résiliente, compétitive et durable.
S’exprimant à l’ouverture de FITA 2026, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Slah Zouari, a souligné que l’Afrique se trouve à un moment charnière de son développement.
“Avec une population qui devrait atteindre près de 2,5 milliards d’habitants à l’horizon 2050, dont plus de 60 % de jeunes, notre continent est confronté à des défis structurels majeurs qui appellent des réponses ambitieuses et coordonnées”.
Le contexte actuel place l’Afrique à un carrefour économique majeur. En dépit de sa richesse exceptionnelle en ressources naturelles et une démographie dynamique, le continent souffre encore d’une “dépendance structurelle aux exportations de matières premières” brutes ou peu transformées.
Les statistiques restent alarmantes rappelle le ministre. “Près de 600 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité, près de 400 millions n’ont pas encore l’eau potable, plus de 700 millions ne disposent pas de 3 services d’assainissement adéquats et près de 500 millions vivent à plus de 2 km d’une route praticable en toute saison”.
Il a aussi évoqué le déficit en infrastructures qui demeure considérable, “avec des besoins de financement estimés entre 130 et 170 milliards de dollars par an”, mettant en avant l’ampleur des défis à relever pour soutenir la transformation économique du continent”.
Pour les organisateurs, le développement de chaînes de valeur souveraines est l’une des pistes pour promouvoir la “transformation locale” des ressources, renforcer les capacités industrielles du continent, améliorer les infrastructures de production et de transport et booster le commerce intra-africain, notamment via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
La “FITA 2026” ne se limite pas, ainsi, à des discussions théoriques. Elle propose des espaces de rencontres concrets comme la “Deal Room” pour les promoteurs de projets et les investisseurs. Des sessions spécifiques mettent également en lumière des initiatives stratégiques telles que le “projet Simandou en Guinée” ou le climat des affaires en République Démocratique du Congo.
L’événement souligne également l’importance de la coopération internationale avec des sessions dédiées à la triangulation économique entre l’Afrique et des partenaires comme le Canada (invité d’honneur), la Chine via l’initiative “Belt and Road”, l’Inde ou encore l’Italie. Outre l’industrie lourde, les débats s’étendent aux technologies d’avenir, incluant l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables et le développement de la filière automobile africaine.
Selon le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Slah Zouari, le développement des infrastructures et l’interconnectivité entre les pays du continent jouent un rôle central dans la transformation espérée. Il a affirmé à cet effet, “qu’” aucun développement durable ne peut être envisagé sans une connectivité efficace et fluide reliant les zones de production aux marchés et les populations aux services essentiels”.
La conférence débouchera, mercredi, sur des recommandations stratégiques visant à tracer la voie vers une Afrique plus autonome et intégrée économiquement.


