
Un virage scientifique contre les préjugés académiques
La littérature pour enfants n’est ni un sous-genre, ni une version simplifiée de la littérature pour adultes. C’est le message fort porté par le Dr Mohamed Aït Mihoub, président du jury du Prix arabe Mustapha Azzouz de littérature pour l’enfance, lors de la conférence de presse organisée ce jeudi 4 juin 2026 au siège de l’ATB.
Pour sa 17e édition, l’institution passe à la vitesse supérieure. Les 12 et 13 juin prochains, un colloque international spécialisé attaquera de front une question technique cruciale : « Les structures narratives dans la littérature de jeunesse ». L’objectif est double : briser les idées reçues qui dévaluent encore ce secteur et fournir une grille de lecture scientifique et pragmatique aux créateurs. Il ne s’agit plus seulement de divertir, mais de théoriser l’impact du récit sur les jeunes esprits.
Une approche transdisciplinaire unique : critique, psychologie et pédagogie
Pour répondre à l’interrogation fondamentale « comment écrire pour l’enfant ? », le comité d’organisation refuse le cloisonnement technique. La méthodologie validée pour cette session s’articule autour de trois piliers interdépendants :
- L’analyse critique : Décrypter la structure interne et l’esthétique des textes.
- La psychologie de l’enfance : Aligner les récits sur le développement cognitif et émotionnel du jeune lecteur.
- La validation pédagogique : Évaluer l’efficacité et la pertinence des récits lorsqu’ils intègrent les manuels scolaires.
Preuve de cet ancrage dans le réel, des recherches empiriques tunisiennes seront dévoilées. Le chercheur Lotfi Zekri présentera une étude dédiée à « l’utilisation du dialogue dans le manuel de 6e année », tandis que Dalal Gharbi exposera une évaluation critique des dimensions narratives au sein des manuels du collège (7e, 8e et 9e années). Un audit rigoureux pour mesurer l’adéquation entre fiction et apprentissage institutionnel.
Une diplomatie culturelle dopée par une attractivité financière
Au-delà de la réflexion théorique, le Prix Mustapha Azzouz confirme son statut de carrefour géopolitique et culturel dans le monde arabe. Cette année, le jury a réceptionné 135 candidatures, avec une percée notable du Mali, illustrant le rayonnement transcontinental du prix.
Cette attractivité est consolidée par le partenariat stratégique de l’ATB, qui déploie des dotations financières incitatives. Dans la catégorie « Auteurs adultes », qui rassemble 130 écrivains chevronnés, les prix s’échelonnent de 5 000 à 12 000 dinars tunisiens. Parallèlement, le volet « Enfants et adolescents » (17 participations) bénéficie de trois bourses d’encouragement de 1 000 dinars chacune. À l’heure de la surconsommation d’écrans, cette alliance entre finance et culture s’affirme comme un rempart contre l’isolement et les dérives contemporaines.
EN BREF
- Événement : Lancement de la 17e édition du Prix arabe Mustapha Azzouz de littérature pour l’enfance (Conférence du 4 juin 2026).
- Innovation : Organisation d’un colloque international les 12 et 13 juin sur « Les structures narratives dans la littérature de jeunesse ».
- Méthodologie : Une triple approche inédite combinant critique littéraire, psychologie cognitive et évaluation pédagogique.
- Participation : 135 contributions issues du monde arabe et du Mali, dont 130 professionnels de l’écriture.
- Dotations : Des prix allant jusqu’à 12 000 DT pour les adultes et 3 prix d’encouragement de 1 000 DT pour les jeunes talents, financés par la ATB.


