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ège de la Commission européenne à Bruxelles, le 6 novembre 2008 (Photo : Dominique Faget)

[02/02/2011 09:24:07] BRUXELLES (AFP) La Commission européenne reconnaît finalement l’existence d’un lien entre certaines activités financières, notamment sur les marchés dérivés, et la volatilité des prix des matières premières, dans un rapport qui sera publié mercredi, après un différend avec Paris sur le sujet.

“Il est clair qu’il y a une corrélation forte entre les positions prises sur les marchés dérivés et les prix” des matières premières elles-mêmes”, indique Bruxelles dans ce document, qui devait être approuvé mercredi par l’ensemble des commissaires.

Mais “il est toujours difficile d’évaluer complètement les interactions et l’impact des mouvements des marchés dérivés sur la volatilité des marchés physiques sous-jacents”, d’autant que tous ces marchés physiques de matières premières ne fonctionnent pas de la même manière, ajoute-t-il.

Bruxelles s’était attiré les foudres de la France la semaine dernière, car une version préliminaire du document récusait tout lien entre les spéculations sur les marchés et les cours des matières premières.

Elle s’est défendue en affirmant que la phrase controversée n’avait pas été validée et avait repoussé la publication du rapport.

Entretemps, le commissaire chargé des services financiers, le Français Michel Barnier, s’est dit la semaine dernière “convaincu d’une forme de spéculation qui accentue, accompagne, accélère la volatilité des prix” des matières premières.

Le rapport publié mercredi n’utilise pas le mot “spéculation”, si ce n’est en note de bas de page.

Mais il relève la “volatilité accrue” et “les mouvements de prix sans précédent” observés ces dernières années sur les marchés de matières premières, qu’il s’agisse d’énergie, de métaux, de produits agricoles. Les prix y ont marqué un pic en 2008, puis ont baissé avant de recommencer à augmenter durant l’été 2009.

Parallèlement, le poids des investisseurs financiers sur les marchés de matières premières s’est accru: leurs investissements y atteignaient entre 170 et 205 milliards d’euros en 2008, contre seulement 13 milliards en 2003. Et là aussi, la hausse s’est arrêtée provisoirement après 2008, suite à la crise financière, mais a atteint de nouveaux sommets en 2010, note Bruxelles.