
Mercredi 3 juin, la TAA célébrait, dans un hôtel de la banlieue nord, son 10ème anniversaire. Ils étaient tous là. Ils étaient tous venus. Il y avait les pères fondateurs, les opérateurs du secteur. Ainsi que la garde administrative qui fait tourner l’engin.
Sans oublier les partenaires internationaux tel la FIEV, homologue française. Mais également l’allemande VDA. Ainsi que la AAAM (African Association of Automotive Manufacturers). Le Cluster Indien de l’Automobile était également de la partie. Et on murmure que des partenariats avec les secteurs automobiles japonais, chinois et coréen, sont en préparation. La TAA, prouve qu’elle sait réseauter à l’international.
L’Héritage

Il y a un héritage respectable, qui est évoqué par les dirigeants de le TAA. Eh, oui ! Au tout début, on trouve la STIA. Cette entreprise publique a lancé l’assemblage auto, dans le pays. Un pari audacieux, mais qui a tenu la route, pendant quelques années. Des enseignes prestigieuse ont rejoint l’initiative. Il s’agit, en l’occurrence des marques françaises Renault, Peugeot et Citroën ainsi que de l’enseigne italienne Fiat.
Mais le modèle économique a fini par toucher ses limites. Cependant le relai s’est progressivement opéré avec le secteur privé. Mais il y a eu un switch de l’assemblage vers la pièce auto. En soi cela nous a ouvert des horizons prometteurs. Cependant tout en étant dynamique le secteur se trouvait faiblement intégré car les opérateurs exerçaient en ordre dispersé.
La masse critique opérationnelle, était bien là. La confiance des ordonnateurs étrangers, était acquise. Toutefois il y avait un déficit de gouvernance. Les acteurs étaient là et les investisseurs aussi. Il fallait que le secteur se donne une identité. Monter en gamme et mieux se positionner sur la chaine de valeur mondiale, sont des objectifs hors d’atteinte pour un secteur atomisé. Il faudra attendre 2016, en plein chantier de transition démocratique pour que se produise l’étincelle et qu’on réalise le saut de palier adéquat.
L’accélération
Avec la naissance de la TAA, en 2016, le secteur s’est donné une nouvelle physionomie. De plus, il parlait d’une seule voix et on l’écoutait. Avec l’Association, se souvient Nebhane Bouchaala, son premier président il était devenu possible de planifier collectivement.
En à peine dix ans, selon la formule des dirigeants de la TAA ‘’le secteur a connu un temps d’accélération et le moteur est encore chaud’’. Les réalisations sont déterminantes. Il y a d’abord, la TAMA (Tunisian Auto Motive Academt).
La productivité ne se décrète pas, elle se planifie. Former les RH aux meilleures pratiques est un levier approprié. Puis en 2022 la signature du pacte de compétitivité entre le ministère de l’industrie, des mines et de l’énergie et le secteur a été un tournant décisif.
Le poids économique de la filière, se confirmait. Le secteur selon la formule de Myriam Elloumi, de terre d’accueil des IDE voit se profiler devant lui la possibilité de se constituer en Hub international.
Le Futur : Une ambition et quelques interrogations
La TAA a pris un rendez-vous avec l’histoire et elle s’y est présenté. Des champions nationaux ont poussé. Il convient de les aider au redéploiement à l’international. Faire de la Tunisie une plateforme de la mobilité du futur est un véritable désir d’avenir. Et la TAA est profondément impliquée dans la mise sur pied de l’Automotive Smart City.
Un challenge titanesque. Le volontarisme est un bon préalable et un excellent dopant pour le mental. Nous fera-t-il enjamber les obstacles de l’IA ? De la voiture connectée ? De la micro mobilité et des caprices des constructeurs internationaux ? la compétitivité se construit collectivement répondent les responsables de la TAA. L’écosystème national, truffé de compétence, est tout à fait capable d’ingérer les efforts de scalabilité requise.
ALI DRISS


