RCD et crise financière : Garder le moral

La classe politique et les dirigeants de banques constituent
un excellent tandem pour communiquer en temps de crise. On l’a bien vérifié à
l’occasion du séminaire organisé par la section banques et assurances de la
fédération RCD de Tunis Médina ce vendredi 21 novembre. L’exposé du bien fondé
des choix de politique économique et la bonne santé de la machine du crédit
s’emboîtent et se complètent. Le message final est qu’on peut garder bon moral.

 

Pas de panique

Les intervenants lors du séminaire voulaient se faire une opinion sur
les raisons de notre sérénité quand de partout retentissent les sirènes de
l’alarmisme. La vérité est que le système se prévaut de sa résistance aux
choc. En moins de dix ans Il a bien tenu après avoir essuyé une salve de
coups de boutoir. Le millénaire a connu des débuts tonitruants. Au bogue
informatique a succédé le 11 septembre, auquel a fait suite la guerre du
Golfe puis la flambée du prix de l’énergie et enfin pour arranger le tout
l’envolée des prix de matières premières et des céréales. La croissance a
tout de même été au rendez-vous. Le contexte international a quelque peu
engourdi notre élan mais n’a pas bridé notre dynamisme. Par déduction, on
est fondé à croire que la crise actuelle nous affectera mais n’aura pas
raison de notre potentiel.

Les raisons objectives

A l’évidence le recul de la croissance mondiale aura lieu. Le verdict du
FMI est catégorique, nos partenaires économiques et commerciaux seront
obligés de réduire la voilure. Mais le pire n’est jamais sûr. Peut être que
nos avantages comparatifs feront valoir leur différence.

La qualité de notre environnement d’affaires est un atout. Notre course à
la compétitivité est avancée. La cartographie des méfaits de la crise
pourrait, de ce fait nous épargner et les re- localisations pourraient nous
avantager. Une offensive marketing est même envisageable.

La progressivité mesurée de notre démarche d’ouverture nous laisse
quelques munitions précieuses. C’est peut être le moment d’apporter quelques
petites retouches à notre politique des changes : autoriser les touristes à
reconvertir les reliquats de leurs avoirs en dinars, assouplir la procédure
d’achats immobiliers par les étrangers. On peut toujours fourbir ces armes
secrètes qui ne mettront pas à mal pour autant le système. Elles peuvent en
revanche être d’un remarquable effet d’appel. Et puis les initiatives
audacieuses donnent un excellent effet d’image quand les compétiteurs font
montre de frilosité. Ce sont des assouplissements parfaitement gérables. Ils
constituent des signaux forts en matière de volonté d’aller vers toujours
plus d’ouverture. L’effet psychologique en retour peut être gratifiant.
Après tout les économies les plus ouvertes sont ultra réglementées. Le tout
est de faire valoir sa disposition à aller de l’avant et que la communauté
d’affaires internationale retienne ce signe psychologique favorable..
Ajouter à cela que notre sobriété macroéconomique nous a bien laissé une
confortable marge de manœuvre budgétaire pour en cas de coup dur relancer
les secteurs dans le besoin.

Gérer la crise

Non la crise n’affectera pas le schéma de développement économique et
social. Non elle ne remettra pas en cause non plus notre démarche
d’ouverture. Evidemment elle diffère la convertibilité du dinar dans
l’attente d’une meilleure visibilité et d’un contexte mondial plus apaisé.
Au final il nous faut gérer la crise et prendre les devants. C’est le moment
de doper notre allant de compétitivité et c’est une occasion propice pour
faire valider notre label du labeur.