Les
principales Bourses des pays du Golfe ont été, hier, largement affectées par
une chute des principales compagnies immobilières et le retrait de milliards
de dollars d’investissements étrangers en raison de la crise financière
mondiale.

Elles ont connu, en effet, une forte baisse sur fond d’incertitude quant à
l’issue de la crise financière mondiale et son impact sur la région. Six
places ont rouvert avec des chutes d’indice les plus importantes depuis
plusieurs mois. La Bourse de Dubaï a perdu 6,86% pour terminer à 3844,27
points, son plus bas niveau depuis près de 18 mois.

Depuis le début de l’année, elle a perdu au total 35,2%. Le marché de
l’immobilier a perdu 11,1% et la compagnie Emaar a enregistré, hier, une
baisse de 12,3%, sa plus grande perte en un jour depuis près de 8 ans. La
deuxième bourse des Emirats arabes unis, l’Abu Dhabi Securities Exchange, a
chuté de 4,7% à 3769,84 points, à cause d’une forte baisse du secteur
immobilier qui a perdu 9%. La Bourse de Koweït, la deuxième en importance
dans le monde arabe, a baissé de 3,6% à 12 379,00 points, passant en dessous
de son niveau de clôture de 2007, pour la deuxième fois cette année.

Au Qatar, la Bourse de Doha a fini la journée sur une perte de 7% à 8664,46
points, alors que la Bourse d’Oman, Muscat Securities Market, était en
baisse de 2,8%. En Europe, la situation n’est pas plus réjouissante. La
banque immobilière allemande Hypo Real Estate (HRE) a annoncé l’échec du
plan de sauvetage de 35 milliards d’euros dont elle faisait l’objet. La
chancelière Angela Merkel avait assuré un peu plus tôt que l’épargne des
petits porteurs était «sûre», tentant ainsi d’empêcher tout mouvement de
panique de la population. Elle a affirmé que son gouvernement travaillait
«d’arrache-pied» pour sauver la banque et éviter «une crise de tout le
système».

La chancelière avait participé, rappelons-le, samedi passé, à un mini-sommet
des quatre pays européens du G8 convoqué par le président français Nicolas
Sarkozy pour tenter de faire face conjointement aux effets de la crise
financière sur l’Europe. Ils se sont engagés, à l’issue de cette rencontre,
à soutenir les établissements financiers européens en difficulté et à
sanctionner les dirigeants qui ont failli. Tout en souhaitant la tenue d’un
sommet international pour revoir les règles du capitalisme financier, les
quatre pays se sont mis d’accord pour demander à la Banque européenne
d’investissement (BEI) 30 milliards d’euros à destination des PME. Ils n’ont
pas endossé, cependant, l’idée d’un fonds européen de soutien, rejetée
d’ailleurs par l’Allemagne.