[07/07/2008 09:51:54] BRATISLAVA (AFP) La Slovaquie a mobilisé prêtres et comédiens pour préparer le passage à la monnaie unique européenne, le 1er janvier 2009, parallèlement au lancement d’une campagne d’information, prévue dès la fixation du cours définitif de la couronne slovaque vis-à-vis de l’euro. Spots télévisés et distribution de convertisseurs commenceront cette semaine, après la réunion des ministres des Finances européens, qui doivent décider mardi du taux final de conversion. Soucieuse de bien expliquer ce que signifie concrètement l’entrée dans la zone euro, la Banque centrale slovaque a décidé de faire appel aux prêtres catholiques dès le début du processus, en 2005. “Les prêtres se trouvent dans des paroisses isolées où les gens n’ont souvent personne vers qui se tourner quand ils rencontrent un problème d’ordre civil”, a expliqué à l’AFP la porte-parole de la Banque, Jana Kovacova, en rappelant que quelque 70% des 5,4 millions de Slovaques se déclarent catholiques. Dans cet ancien pays communiste, le boom économique alimenté par les investissements étrangers a irrigué la capitale Bratislava et l’Ouest du pays. Mais la réalité est tout autre dans l’Est et ses régions montagneuses, ses vallées industrielles en déclin et ses ghettos roms. Ces derniers mois, la Banque centrale a dispensé des formations de 90 minutes aux prêtres pour les sensibiliser aux bénédictions de la monnaie unique et aux étapes à parcourir avant l’entrée dans l’eurozone promise. Jusqu’à présent, le père Augustin Slaninka n’a pas été inondé de demandes. “Je n’ai pas eu tellement de questions mais cela viendra certainement”, dit ce prêtre de 52 ans qui voit l’euro comme un facteur d’intégration européenne. Son plus grand souci concerne les plus âgés, car “beaucoup ont peur que tout devienne plus cher”. Pour amortir les effets sur les moins favorisées, le gouvernement du Premier ministre Robert Fico prépare des mesures de compensation incluant des versements anticipés des retraites et des allocations familiales. L’euro sera la star principale du spectacle que répète actuellement le théâtre public rom Romathan, en vue d’une tournée auprès de la communauté tzigane (environ 320.000 personnes vivant le plus souvent dans les quartiers pauvres dans l’Est du pays). L’idée est d’expliquer aux foyers les plus démunis, où les adultes sont souvent illettrés comment convertir les couronnes slovaques et pourquoi les centimes d’euros vaudront plus que les hellers, même s’ils ont la même couleur, selon la troupe qui a prévu une quarantaine de spectacles à partir de mi-juillet. Le ministre des Finances Jan Pociatek est pour sa part déjà entré en scène en endossant le rôle d’un motard dans un feuilleton populaire. Ses apparitions, destinées à expliquer que passage à l’euro n’égale pas flambée des prix, vont devenir plus fréquentes à l’approche du 1er janvier 2009, selon le diffuseur, la télévision privée Markiza. Le but est de rassurer une population divisée, avec 35% pour l’euro, 34,3% contre, 1% “pas au courant” et le reste indifférent, selon un récent sondage de l’Office des statistiques slovaque. Ces dernières semaines, la presse a contribué à alimenter les rumeurs en annonçant que des peines de prison puniraient les profiteurs qui tenteraient de s’enrichir avec l’euro. Il est exact qu’un amendement de la loi prévoit de qualifier de “crime” les augmentations de prix injustifiées, avec à la clef des amendes et un maximum de quatre ans de prison, mais ses effets seront limités, selon le ministère de la Justice. Les peines de prison visent “ceux qui profitent du passage de la couronne à l’ euro, mais seulement pour les prix régulés comme l’eau, l’électricité, le gaz ou les honoraires des avocats”, a expliqué à l’AFP le porte-parole du ministère, Michal Jurci. Le gouvernement n’en a pas moins prévu de surveiller étroitement les prix à partir du mois d’août, quand apparaîtront les doubles étiquettes. |
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