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Logo de Ford sur la calendre d’un véhicule (Photo : David Mcnew)

[05/05/2008 06:50:36] MONTRÉAL (AFP) Les syndiqués canadiens du constructeur Ford ont voté dimanche en faveur d’un gel salarial de trois ans mais, contrairement à leurs confrères américains, ont obtenu que les salaires des nouveaux employés ne soient pas différents des leurs après trois ans passés dans l’entreprise.

Cette proposition a été ratifiée par 78% des quelque 8.900 syndiqués de la filiale canadienne du constructeur automobile lors d’un vote tenu ce week-end parmi les salariés du groupe en Ontario (centre), a annoncé tard dimanche soir leur syndicat.

Ce vote faisait suite à un accord intervenu il y a une semaine entre le syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA) et Ford Canada.

L’accord, conclu plus de quatre mois avant l’expiration de la convention collective en vigueur, avait été qualifié vendredi de “sans précédent” par la direction de Ford.

Le constructeur américain en difficulté a renoué avec les bénéfices au premier trimestre, mais ne prévoit pas de retour à une rentabilité durable avant 2009.

L’accord prévoit notamment que les nouveaux employés ne toucheront au départ que 70% du salaire de base et ne rejoindront le niveau des autres salariés que trois ans plus tard, contre 85% du salaire et deux ans plus tard actuellement.

En échange, Ford a renoncé à vouloir imposer fermement et de façon irrémédiable un régime de salaires à deux vitesses entre anciens et nouveaux employés, comme l’avait accepté l’an dernier le syndicat américain UAW.

“C’est une victoire pour nos membres”, a déclaré le président des TCA, Buzz Hargrove, qui a aussi annoncé son départ prochain à la retraite, après une carrière de trente ans, au terme de la présente ronde de négociation avec les “trois grands constructeurs américains”.

“L’accord, a-t-il ajouté, vient en aide à nos travailleurs et nos retraités, tout en reconnaissant les défis auxquels fait face l’industrie. Et il ne le fait pas non plus en tournant le dos aux futurs travailleurs avec un régime de salaires à deux vitesses”.

“Les TCA vont rencontrer la direction de General Motors lundi et celle de Chrysler mardi avec l’intention de faire épouser à ces compagnies l’accord-cadre négocié avec Ford”, a-t-il dit.

Néanmoins, les syndiqués canadiens du groupe ont consenti plusieurs sacrifices.

Ils ont accepté de voir leur temps de vacances réduit d’une semaine, renoncé à une allocation indexant leurs salaires au coût de la vie pour les cinq prochains trimestres et entériné une augmentation de leurs primes pour le coût des médicaments.

Leur syndicat avait accepté ces consessions en échange de l’abandon par Ford de sa demande pour un régime strict de salaires à deux vitesses entre anciens et nouveaux de la société.

Avec ce système, en vigueur depuis l’an dernier aux Etats-Unis, les nouveaux employés touchent environ la moitié du salaire horaire des travailleurs plus anciens.

Les syndiqués ont aussi obtenu que la chaîne d’assemblage de St Thomas en Ontario demeure ouverte jusqu’en 2011, un an plus tard que prévu.

Le syndicat, qui représente plus de 30.000 salariés du secteur au Canada, a l’habitude de s’entendre d’abord avec l’un des trois grands constructeurs et d’utiliser ensuite l’accord conclu pour négocier avec les deux autres.

Avant le vote, la direction de Ford avait qualifié de “novateur” l’accord de principe conclu avec le syndicat, estimant qu’il lui permettrait de devenir “plus concurrentiel au Canada”.

Mais le président de Chrysler, Tom LaSorda, s’en était inquiété, estimant “ne pas être certain” qu’il soit “très concurrentiel”, dans une interview jeudi au quotidien américain Detroit Free Press.

 05/05/2008 06:50:36 – © 2008 AFP