[03/03/2008 20:35:23] VIENNE (AFP) Les ministres des treize pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) arrivaient à Vienne lundi, à deux jours d’une réunion au cours de laquelle ils devraient probablement laisser leur production inchangée, même si une baisse n’est pas exclue, malgré un prix du baril de brut supérieur à 100 dollars. “Je ne pense pas que nous ayons besoin de toucher pour l’instant” à la production, a ainsi affirmé Choukri Ghanem, président de la compagnie nationale pétrolière libyenne, qui a rang de ministre du Pétrole. La production du cartel est fixée officiellement à 29,67 millions de barils par jour (mbj) pour les 12 pays soumis au système des quotas (l’Irak en est exclu). Sans se prononcer clairement sur ce que l’Opep devrait faire mercredi, le ministre de l’Energie du Qatar, Abdallah al-Attiyah, joint par téléphone, a lui estimé que le marché était “bien approvisionné” et qu’il n’y avait pas “un gros besoin de pétrole”. De son côté, son homologue algérien, Chakib Khelil, président en exercice de l’Opep, n’a pas exclu que le cartel restreigne sa production: il a affirmé à son arrivée dans la capitale autrichenne que l’Opep allait choisir entre “un maintien ou une baisse” de production. Le ministre koweïtien s’est contenté, avant de s’envoler pour Vienne, de dire qu’une hausse de production n’était pas à l’ordre du jour. Le Vénézuélien Rafael Ramirez, qui avait réclamé au mois de février une baisse de production pour “défendre les prix”, a semblé atténuer ses propos lundi soir en affirmant que l’Opep devrait “maintenir, si ce n’est réduire” son offre. Attendu plus tard lundi, le Saoudien Ali al-Nouaïmi, chef de file de l’Opep, est resté évasif sur la réunion de mercredi dans une interview à la revue Pétrostratégies diffusée dimanche. Le cartel craint une baisse de la demande au deuxième trimestre qui pourrait entraîner un surplus pétrolier et faire reculer fortement les prix: la consommation tend à baisser à la fin de l’hiver et le ralentissement économique attendu aux Etats-Unis et dans les pays industrialisés pourrait aussi se traduire par un recul de la demande de combustibles. Mais, vu le niveau record des prix, qui ont frôlé 104 dollars le baril lundi, une réduction de l’offre de brut du cartel serait politiquement difficile à faire accepter aux pays consommateurs. Choukri Ghanem a affirmé que l’Opep était “préoccupée par l’économie mondiale” et par l’équilibre entre “l’offre et la demande” de brut. Mais, Chakib Khelil a estimé que la flambée des prix n’était pas due à un problème d’offre mais aux investisseurs qui se protègent de la dévaluation de leurs actifs en dollars en achetant du pétrole et des matières premières, ainsi qu’aux tensions géopolitiques. Ali al-Nouaïmi a, lui, rappelé dans Pétrostratégies que l’ère du pétrole bon marché était révolue, en laissant entendre que les prix du brut ne retomberaient plus sous 60 à 70 dollars le baril. La plupart des analystes, à l’instar de Paul Tossetti, de PFC Energy, estiment que l’Opep va probablement maintenir sa production le 5 mars et se réunir à nouveau d’ici début mai. Le ministre algérien a d’ailleurs admis qu’une réunion d’ici l’été ne serait peut-être “pas une mauvaise idée”. Par ailleurs, selon Paul Tossetti, les données des transporteurs pétroliers vont dans le sens d’une baisse de la production de pétrole saoudienne en janvier, à 9,05 mbj. L’Arabie saoudite pourrait donc choisir de limiter son offre “silencieusement”, malgré le maintien officiel de quotas, tout comme elle a pompé au-delà de son quota de 8,94 mbj depuis décembre. |
||
|



