Fitch confirme la note de la Tunisie à «BBB», perspective stable

Fitch confirme la note de la Tunisie à «BBB», perspective stable

Par Ghada Kammoun

L’agence de notation Fitch Ratings a confirmé en août 2007, la note de
défaut émetteur (Issuer Default Rating «IDR») à long terme «BBB» attribuée à
la Tunisie, ainsi que sa note IDR à court terme «A-».

La perspective des deux notes est stable. La note IDR à court terme en
devises est confirmée à «F2» ainsi que la note de plafond souverain, à «BBB+».

D’après Fitch Ratings, la Tunisie connaît toujours une croissance
satisfaisante et stable, l’inflation y est faible et les déficits des
comptes courants et du budget sont modestes.

La cession d’une part minoritaire du capital de la compagnie nationale de
téléphonie mobile, Tunisie Télécom, a, selon l’agence, permis d’accélérer la
réduction de la dette publique et de la dette extérieure.

Quant aux indicateurs internationaux de liquidité, ils se sont sensiblement
améliorés à la suite d’importantes entrées de devises.

La performance budgétaire était meilleure qu’attendue, avec un déficit
budgétaire de 3,1% du PIB tandis que la croissance s’est accélérée, passant
de 4,2% en 2005 à 5,4% en 2006 grâce à la progression soutenue des secteurs
manufacturier et tertiaire.

Concernant la situation du secteur bancaire, elle s’est également améliorée,
avec notamment une baisse des créances douteuses et une augmentation de la
rentabilité.

Cependant, le taux du chômage du pays demeure élevé, et s’est établi
au-dessus de 14% en 2006, malgré la croissance économique, supérieure à 5%
en moyenne sur les quatre dernières années. Mais, une légère baisse du taux
du chômage est attendue à court et moyen terme, du fait de la politique de
réformes économiques graduelles menée par la Tunisie.

Cette approche, en évitant tout changement brusque susceptible d’entraîner
des troubles sociaux ou politiques, a facilité la mise en œuvre des
réformes. Grâce à cela, la Tunisie jouit d’une stabilité économique et
politique qui constitue l’un de ses meilleurs atouts en matière de qualité
de crédit.

Cependant, toujours selon l’agence Fitch Ratings, le rythme des réformes et
l’amélioration des indicateurs clés de qualité de crédit sont plus rapides
dans nombre de pays notés dans la catégorie «BBB».

En outre, bien qu’ils aient diminué ces dernières années, les ratios de
dette publique et de dette extérieure restent largement supérieurs aux
ratios médians de la catégorie « BBB » et devraient le demeurer dans un
avenir prévisible. Le déficit budgétaire devrait varier entre 2,5% et 3% du
PIB en 2007-2009, entraînant une diminution de la dette publique sous la
barre des 50% du PIB d’ici 2009. Cependant, ce chiffre reste élevé comparé à
la médiane des pays de catégorie « BBB », qui se situe autour de 30%. Le
solde budgétaire souffre toujours du niveau élevé des salaires dans la
fonction publique et des subventions importantes accordées aux produits de
base, dont notamment le pétrole. Le déficit de la balance courante devrait
demeurer autour de 2,5% du PIB.

Quant à la dette extérieure nette de la Tunisie, elle a diminué et
représente moins de 60% des recettes extérieures courantes, et ce grâce à la
forte croissance des investissements directs et à la priorité donnée au
remboursement de la dette étrangère.

Ce chiffre est toutefois à comparer à la médiane du groupe «BBB» qui se
situe légèrement au-dessus de 30%. Bien que ce ratio doive continuer de
s’améliorer d’ici 2009, il continuera à s’établir au-dessus de celui du
groupe des pays de référence.

L’impact du 11 septembre 2001 sur les recettes touristiques ou la fin des
accords multifibres sur les exportations de textiles, ont certainement eu
des conséquences fâcheuses sur l’économie de la Tunisie, qui a fait preuve
d’une résilience certaine face à ces évènements marquants. Le pays a
amélioré sa compétitivité à l’exportation et la part des produits
manufacturés à plus forte valeur ajoutée (tels que les composants
automobiles) croît rapidement.

L’industrie textile a également résisté à l’ouverture du marché européen aux
exportateurs asiatiques en 2005.
µ
L’ouverture totale du marché tunisien aux exportations européennes en 2008
et, à plus long terme, aux services, représente de nouveaux défis pour
l’économie dont des pans entiers, tels que les services, sont encore
protégés par des barrières douanières.

Le secteur bancaire constitue, selon Fitch, l’un des principaux points
faibles de la Tunisie en termes de qualité de crédit. La banque centrale (BCT)
a progressivement mis en place des mesures de restructuration et de
modernisation du secteur bancaire qui doit selon l’agence être renforcées
afin de préparer le système financier à l’ouverture du compte de capital de
la Tunisie et au flottement du dinar tunisien (TND) prévu en 2009.

* D’après une note de l’agence de notation
financière «Fitch Ratings»