
1. La trajectoire d’un naufrage annoncé : entre déficits cumulés et chocs extérieurs
Ce que subit aujourd’hui le tissu économique national constitue le résultat mécanique d’une absence prolongée d’anticipation stratégique. La convergence de l’ensemble des indicateurs macroéconomiques et sectoriels met en lumière une réalité sans détour : l’économie tunisienne s’expose à un risque d’effondrement à moyen terme si les politiques publiques actuelles demeurent inchangées.
Cette vulnérabilité découle directement de trois facteurs structurels majeurs :
- Le déficit d’investissement chronique dans les infrastructures de base et les capacités de production.
- Les distorsions tarifaires persistantes qui masquent les coûts réels et asphyxient les opérateurs publics.
- Une gouvernance défaillante incapable d’exécuter dans les délais les arbitrages stratégiques requis.
Conjuguées aux chocs extérieurs successifs — volatilité des prix des matières premières et tensions géopolitiques —, ces faiblesses d’anticipation annoncent des lendemains économiques plus rigoureux encore que les difficultés d’aujourd’hui.
Conjuguées aux chocs extérieurs successifs — volatilité des prix des matières premières et tensions géopolitiques —, ces faiblesses d’anticipation annoncent des lendemains économiques plus rigoureux encore que les difficultés d’aujourd’hui.
2. Le plan de contingence immédiat : restaurer la continuité et la transparence
Face à l’urgence opérationnelle, la réponse de l’État ne peut plus s’appuyer sur la communication de crise ou la gestion au jour le jour. Un filet de sécurité d’urgence doit être déployé sans délai pour stabiliser l’outil de travail des entreprises et sécuriser le quotidien des citoyens.
La première étape impose la création d’une cellule de crise multisectorielle sous la supervision directe des plus hautes autorités de l’État. Ce centre de pilotage aura pour priorité de garantir une alimentation électrique continue — notamment par une coordination stratégique renforcée avec les pays voisins — afin d’exempter de rationnement les infrastructures vitales et les zones de production industrielle à forte valeur ajoutée.
Parallèlement, la gestion de l’information publique exige une rupture totale avec la culture du flou. La publication préalable, exhaustive et sincère des calendriers de coupures programmées est une condition sine qua non pour permettre aux industriels, commerçants et structures de santé d’organiser leurs flux de production et d’éviter les surcoûts liés aux arrêts inopinés.
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3. Les réformes de moyen terme : vérité des prix et libération de la production
Si les réponses d’urgence évitent l’arrêt cardiaque du système, seules des réformes structurelles profondes permettront de rétablir la viabilité du modèle économique tunisien.
L’application progressive de la vérité des prix : Réviser la grille tarifaire en ciblant en priorité les grands consommateurs pour aligner progressivement les tarifs sur les coûts réels d’exploitation, tout en préservant le pouvoir d’achat des catégories vulnérables.
L’apurement transparent des dettes croisées : Mettre en place un plan de règlement global, opposable et officiellement publié entre l’État, les entreprises publiques et la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) afin d’assainir le bilan de l’opérateur national.
L’accélération décisive des énergies renouvelables : Lever définitivement les blocages administratifs et fonciers pour raccorder les projets photovoltaïques et éoliens en souffrance.
L’ouverture du marché aux producteurs indépendants : Dépasser le cadre strict des énergies vertes en autorisant des producteurs privés indépendants à investir également dans des capacités de génération conventionnelles pour combler le déficit structurel de production.
Sans la mise en œuvre rapide de ce socle minimal de réformes, l’économie nationale continuera de consommer ses fonds propres au risque d’une rupture définitive.
EN BREF
- Risque systémique : L’accumulation du déficit d’investissement et la faillite des politiques publiques menacent l’économie tunisienne d’un effondrement à moyen terme.
- Urgence institutionnelle : Nécessité d’installer immédiatement une cellule de crise multisectorielle rattachée au sommet de l’État pour piloter l’urgence énergétique.
- Impératif de transparence : Fin de la gestion de crise opaque par la publication obligatoire et sincère des calendriers de coupures programmées.
- Réforme des prix : Alignement progressif de la tarification énergétique sur les coûts réels, prioritairement pour les grands consommateurs industriels et tertiaires.
- Démonopolisation de la production : Ouverture du marché de l’électricité aux producteurs indépendants, tant dans le renouvelable que dans l’énergie conventionnelle.
(Source: Post du Dr. Aram Belhadj)
Avertissement : Les chiffres, données, analyses et opinions présentés dans cette publication relèvent de la responsabilité de l’auteur du post. Leur reprise ne vaut ni validation ni confirmation par notre rédaction.
2. Le plan de contingence immédiat : restaurer la continuité et la transparence

