
L’étau fiscal : le cri du cœur des restaurateurs
La forte hausse des prix pratiqués par les établissements n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe d’une pression fiscale devenue insoutenable. Entre l’augmentation des coûts de production et le cumul d’une taxe de 3 % sur le chiffre d’affaires et d’une TVA de 19 % sur les boissons, les marges se sont évaporées. La Fédération demande une harmonisation du taux de TVA à 7 %, pour s’aligner sur le régime fiscal privilégié des hôtels, et plaide pour un moratoire de six mois sur l’installation des caisses enregistreuses électroniques, un investissement lourd dans un contexte de trésorerie exsangue.
L’hémorragie des talents : une fuite de savoir-faire
Au-delà de la rentabilité, c’est la survie du patrimoine culinaire qui est en péril. Habib Ben Moussa alerte sur un phénomène préoccupant : l’exode massif des compétences. Chefs de cuisine et personnel qualifié, formés en Tunisie, sont de plus en plus captés par les marchés européens et les pays du Golfe. Cette fuite des cerveaux culinaires prive le secteur de son atout différenciateur majeur : la qualité du service et l’authenticité de la table tunisienne.
Vers une transformation digitale par l’assiette
Malgré l’urgence, la Fédération refuse le fatalisme. Le levier de croissance identifié repose sur une montée en gamme par le numérique. Le lancement d’une plateforme globale de référence marque un tournant stratégique. Ce futur outil a une triple vocation : documenter le patrimoine culinaire tunisien, moderniser l’expérience client et surtout, offrir une visibilité internationale nécessaire pour rivaliser avec la restauration mondiale. La cuisine, pilier de l’image de marque de la Tunisie, s’apprête donc à entamer sa transition digitale pour reconquérir sa compétitivité.


