Deux projets artistiques tunisiens, le documentaire Solo d’Amine Boukhris et la série Sisters of Rap d’Olfa Ben Achour, figurent parmi les lauréats du programme de bourses de printemps 2026 de l’institution qatarie Doha Film Institute (DFI), dévoilée le 28 juin.

Ces projets tunisiens bénéficieront du soutien de l’institution qatarie en phase de production et de développement, respectivement. Bien que proclamés en cette période estivale, ces résultats couronnent un rigoureux processus de sélection et de délibérations artistiques mené durant les mois printaniers.

Dans la section « Longs-métrages documentaires – Production » de la zone MENA, le cinéaste Amine Boukhris a été sélectionné pour son film Solo (Tunisie/France/Qatar), centré sur la reconstruction par le rap d’un jeune homme de 27 ans abandonné à l’âge de 15 ans par sa famille partie rejoindre l’organisation État islamique en Syrie.

Cette catégorie réunit cinq autres œuvres au niveau de la production MENA : When Time Dissolves Into Silence (Maroc), Testahbis (Syrie), Disappeared (Syrie), +477 Night (Palestine) et Portrait of A (Jordanie).

De son côté, la réalisatrice Olfa Ben Achour s’est distinguée dans la section « Séries TV – Développement » de la zone MENA pour son projet Sisters of Rap (Tunisie/France/Qatar), explorant l’affirmation des femmes au sein d’un genre musical historiquement dominé par les hommes. L’unique autre projet retenu dans ce volet est l’œuvre libyenne Off the Books de Muhannad Lamin.

Lancé par le Qatar, le programme de bourses du DFI (DFI Grants Programme) s’est imposé comme l’un des plus importants leviers de financement de la création indépendante au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Fonctionnant sur un rythme biannuel (printemps et automne), ce fonds d’aide octroie des subventions directes associées à un accompagnement technique de haut niveau. Il privilégie l’émergence des nouveaux talents internationaux réalisant leur premier ou deuxième film, tout en finançant les cinéastes confirmés de la région MENA.

Pour ce cycle, l’enveloppe globale englobe 48 projets artistiques portés par des auteurs originaires de 39 pays différents. Les aides financières et l’accompagnement de cette session se répartissent de manière transversale à travers quatorze catégories distinctes.

Pour la zone MENA, le soutien intervient en phase de développement (longs-métrages de fiction, documentaires, courts-métrages de fiction et séries télévisées), de production (longs-métrages, séries web, courts-métrages et essais expérimentaux) ainsi qu’en phase finale de post-production.

À l’échelle internationale, le guichet de post-production hors zone MENA s’ouvre également aux longs-métrages de fiction, de documentaire et aux œuvres expérimentales. Avec cette nouvelle session, le fonds qatari franchit le cap symbolique des 1 000 projets internationaux soutenus à travers son réseau de développement depuis sa création.