Les participants aux travaux du colloque international sur “l’apprentissage et les sciences neurologiques : vers une politique éducative inclusive en phase préscolaire” qui se tient à partir de vendredi à l’initiative de l’institut supérieur des cadres de l’enfance à Carthage Dermech, examineront les contributions des sciences neurologiques à la compréhension des apprentissages précoces et à l’élaboration de politiques éducatives inclusives dès la petite enfance.

Cinq séances scientifiques sont programmées durant les deux jours du colloque, avec la participation d’universitaires de France et de Tunisie, à travers 17 conférences suivies de discussions. Ces interventions portent principalement sur les thèmes “enseigner aux élèves comment le cerveau apprend : un défi contre les inégalités scolaires ” et  “les sciences neurologiques et les premières années de la vie cérébrale de l’enfant “, ainsi que sur “l’inhibition cognitive : l’impact du stress scolaire sur l’enfant  et l’environnement propice au développement de l’enfant “.

Les conférences prévues portent également sur des thèmes liés à la “documentation et l’évaluation de l’intégration des enfants en situation de handicap en phase préscolaire : l’expérience marocaine concernant les limites de l’inclusion”, “l’évolution des politiques éducatives en phase préscolaire en Tunisie”, “Troubles du développement neurologique en maternelles : dépistage et accompagnement”, “L’art dramatique et la perception chez l’enfant ” et “Vers un espace éducatif inclusif pour les enfants autistes durant la période de la petite enfance”.

A cette occasion, la directrice de l’institut supérieur des cadres de l’enfance à Carthage Dermech Rim Laaribi, a appelé à la mise en œuvre du programme du ministère de l’éducation pour l’année préparatoire et son application dans le secteur privé et les écoles coraniques, et au renforcement des capacités des enfants durant la phase préscolaire, notamment à travers des activités et des jeux qui facilitent l’écriture et la lecture au lieu de la mémorisation.

Elle a souligné, dans une déclaration à la TAP en marge du colloque, l’importance de préparer les enfants à la vie scolaire, affirmant la nécessité pour les acteurs du secteur de la petite enfance de préparer les enfants à la vie sociale et scolaire à travers des méthodes éducatives qui leur permettent d’acquérir les connaissances éducatives dont notamment les jeux éducatifs.

Elle a noté que la tendance actuelle dans l’année préparatoire est de se concentrer sur la lecture et l’écriture de manière mémorisée, ce qui affecte les performances scolaires des élèves dans les différents niveaux scolaires et entraine le décrochage scolaire au niveau primaire, appelant à la nécessité de développer les capacités d’écoute des enfants et de renforcer leurs compétences.

Elle a également recommandé de retarder l’utilisation des outils numériques éducatifs et des appareils modernes jusqu’après l’âge de 6 ans.

Pour sa part, la directrice générale de l’enfance au ministère de la famille, de la femme, de l’enfance et des personnes âgées Jamila Bettaieb a relevé l’importance des sciences et des orientations scientifiques dans la politique de l’état dans le secteur de l’enfance, afin de modifier les programmes de formation et d’apprentissage et de renforcer les capacités des cadres travaillant dans ce domaine, tout en s’adaptant à l’évolution scientifique, en particulier dans les domaines des neurosciences et l’éducation.

Elle a indiqué que le ministère de la famille se penche sur la finalisation de la stratégie nationale multisectorielle pour le développement de la petite enfance 2026-2035.

Bettaieb a également mentionné que le programme national d’intégration des enfants atteints de troubles du spectre autistique en Tunisie visant à faciliter l’intégration précoce des enfants (de 3 à 6 ans) dans les jardins d’enfants qui a été lancé par le ministère durant l’année scolaire 2022-2023, a permis durant l’année scolaire 2025-2026 d’intégrer plus de 750 enfants autistes.

De son côté, le représentant de l’UNICEF en Tunisie Michel Le pechoux  a souligné l’importance de l’apprentissage dès les premières années surtout que le cerveau de l’enfant est en développement rapide.

Il a indiqué que l’investissement dans la petite enfance est un choix stratégique qui nécessite une révision des programmes pédagogiques et un recours aux neurosciences pour l’enseignement.

Le pechoux a ajouté que l’UNICEF oeuvre à transformer l’Institut supérieur des cadres de l’enfance en un pôle national et de référence à travers la consolidation des stages et des partenariats avec le ministère de la famille pour la période 2027-2031, mise à part les efforts nationaux visant à renforcer l’éducation préscolaire.