
Le marché mondial de l’auto est en pleine effervescence technologique. L’écosystème national permet, à la filière tunisienne, de rester dans la course.
Récemment a eu lieu à Tunis, la quatrième édition de la journée ‘’Industry Innovation Day’’. Le concept a fini par être entièrement trusté par l’industrie automobile. Il faut savoir que l’évènement est d’intérêt national. Il est conjointement organisé par la Tunisian Automotive Association (TAA), La Chambre tuniso allemande de commerce et d’industrie (AHK) la coopération allemande GTZ, ainsi que le ministère de l’industrie des mines et de l’énergie.
Cela traduirait le poids prépondérant de l’industrie des composants automobiles dans l’économie nationale. En effet le secteur compte près de 300 entreprises, emploie 120.000 salariés, génère un chiffre d’affaires de près de 4 milliards d’euros dont 90 % sont réalisés à l’export.
Un exercice de Brainstorming
Les rencontres de la journée ‘’Industry Innovation Day’’ sont un moment où les opérateurs se mettent en mode ‘’Brainstorming’’ entre eux. Ils s’interrogent sur leur niveau de performance et se concertent sur les possibilités d’une meilleure intégration. Ils manifestent bien une envie réelle pour une vision partagée de l’avenir. De même qu’ils témoignent d’une volonté commune d’avancer ensemble.
C’est aussi un moment de Benchmarking pour l’ensemble de la filière. Avec le concours d’experts internationaux, les opérateurs ont besoin d’explorer les tendances lourdes du marché mondial. Ils ont le souci, bien compréhensible et fort légitime d’œuvrer à un meilleur redéploiement à l’international. Un meilleur positionnement sur la chaine de valeur globale, offre des perspectives de pérennité du business.
Les nouvelles tendances du marché international
Le condensé des interventions des experts internationaux converge vers un faisceau de tendances lourdes. La compétition sur le marché automobile n’est plus régie par la différenciation selon le design et la qualité. Elle a grimpé en échelle. Elle se trouve actuellement rythmée par le software, la connectivité, les solutions IA ainsi que les systèmes dits d’assistance à la conduite ‘’ADAS’’.
Schématiquement l’on se contentait de soutenir que la concurrence se fait entre le moteur thermique et le moteur électrique. Et l’on concluait de manière banale au basculement généralisé vers l’électrique. La réalité, se trouve être plus complexe. Le marché favorise, la voiture autonome, celle connectée et fait une place de plus en plus grande à la micro mobilité douce surtout pour les circuits urbains.
Comment dès lors se structure la chaine de valeur globale? Elle ne recourt pas aux investissements d’extension. Etant en surcapacité avec des degrés d’utilisation des chaines qui fluctuent entre 70 et 85 %, constructeurs et fabricants de composants mutent vers d’autres horizons. Ils se rapprochent de ce qu’on voit se mettre en place, c’est-à-dire la jonction avec la recherche et le développement, les laboratoires d’innovation et l’IA. Et les investissements programmés à horizon de 2030 dépasseraient 500 milliards de dollars US. Cela est sans surprise car il s’agit d’un enjeu planétaire. Le tout est de savoir comment cela se met en place ?
Transformer l’essai
‘’Industry Innovation Day’’ est une épreuve salutaire d’évaluation des perspectives de la filière nationale automobile. Celle-ci bien occupée par son désir d’avenir cherche à aller de l’avant. Il est bien naturel qu’elle se mette en état de veille. Alors elle écoute les avis des experts. Mais elle possède l’avantage de la connaissance du terrain, des circuits et sait traquer les opportunités de partenariat.
Les experts résument la situation de manière trop synthétique de leur point de vue. Il est vrai que les statistiques gratifient l’Asie de la part du lion avec 60 % de la production auto. L’UE vient en seconde position avec 20 %. Les USA se retrouvent en troisième position avec seulement 15 % et le reste du monde n’en produit que 5 %. Nous pensons que les flux ne déterminent pas la qualité des process ni de la recherche.
L’innovation vient en amont des chaines de fabrication et par conséquent la course demeure ouverte. Et on est agréablement surpris de constater que les opérateurs tunisiens ont un mental de gagneurs. D’ailleurs la démarche de la filière est nourrie de tous ces éléments. Rappelons que le projet Smart Automotive City est en phase de lancement. Cette plateforme guidera désormais sa performance par l’innovation et l’expertise scientifique. Et dont la notoriété sera du meilleur effet d’appel pour un plus large champ de partenariat.
Les experts soutiennent que ce sera ‘’local to local’’. La filière tunisienne regarde vers les autres pays africains. Cependant avec beaucoup de mordant elle regarde, avec une ambition certaine vers les constructeurs européens et asiatiques refusant de se laisser enfermer dans cette logique austère logique du ‘’local to local’’. Le secteur est à l’écoute de l’appel du large. Et il y est largement soutenu par les pouvoirs publics surtout depuis qu’il a conclu le pacte de compétitivité en 2022.
Ali DRISS
EN BREF
- Poids économique : Le secteur automobile tunisien représente 300 entreprises, 120000 emplois et 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
- Mutation sectorielle : La valeur ajoutée se déplace du matériel (hardware) vers le logiciel, l’IA et la connectivité.
- Compétitivité : Les investissements mondiaux en R&D automobile devraient dépasser 500 milliards de dollars d’ici 2030.
- Levier stratégique : Le projet “Smart Automotive City” est le fer de lance de la transition vers l’innovation scientifique.
- Ambition exportatrice : Refusant le repli régional, la Tunisie mise sur une intégration poussée aux chaînes de valeur des constructeurs mondiaux.


