Le pays a évité la production près de 917,670 tonnes d’équivalent CO2
La Tunisie a réduit de 70% sa consommation de substances hydrochlorofluorocarbones (HCFC) à fin décembre 2025, par rapport à un niveau de référence de 725 tonnes métriques, a annoncé jeudi, à Tunis, le coordinateur de l’unité nationale d’ozone à l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE), Youssef Hammami. Ces substances, utilisées notamment dans la réfrigération et la climatisation, sont nocives pour la couche d’ozone et contribuent également au réchauffement climatique.
Le pays a ainsi évité l’émission d’environ 917 670 tonnes d’équivalent CO₂, a enchaîné Hammami, lors d’un atelier national, organisé jeudi à Tunis, avec le soutien de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) dans le cadre de la célébration de la Journée Mondiale de la Réfrigération (26 juin de chaque année).
La Tunisie avait ratifié, en 1989, le Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent l’ozone. Elle a aussi ratifié tous les amendements portés sur le Protocole de Montréal (Amendement de London 1990, Amendement de Copenhague 1992, Amendement de Montréal 1997, Amendement de Pékin 1999, Amendement de Kigali 2016).
Durant la période 1989 -2010, le pays a éliminé totalement les substances nocives à la couche d’ozone suivantes : les chlorofluorocarbures CFC, le Bromure de méthyle utilisé dans le secteur de fumigation des dattes et les Halons (secteur de lutte contre les incendies). En 2014, il a adopté sa stratégie nationale d’élimination des substances HCFC.
Hammami à, en outre indiqué, que la Tunisie a gelé sa consommation en substances HFCs depuis 2024, et ce en conformité aux exigences de l’amendement de Kigali ayant ajouté les substances HFC (hydrofluorocarbures) à la liste des substances contrôlées afin de protéger le climat futur des émissions mondiales de ces puissants gaz à effet de serre (GES). L’amendement est entré en vigueur le 1er janvier 2019.
Les substances HFCs ne sont pas nocives à la couche d’ozone mais ont un fort impact sur le réchauffement climatique. Pour l’année 2026, l’État a fixé une limite stricte d’importation afin de contrôler et réduire l’impact sur le climat. “Un quota annuel d’importation des substances HFCs pour 2026 de 2 023 935,724 TCO2éq a été alloué au profit de 41 entreprises importatrices de ces substances” a précisé Hammami, à ce sujet.
Dans le cadre de cet amendement le pays mène aujourd’hui 2 projets majeurs. Il s’agit d’un projet de reconversion des entreprises fabricants des climatiseurs splits vers l’utilisation du fluide frigorigène R-32, qui a un pouvoir de réchauffement global (PRG) moyen et d’un projet d’amélioration de l’efficacité énergétique des entreprises fabricants des climatiseurs
Le responsable a également évoqué le programme de renforcement des capacités des techniciens opérant dans le secteur de la réfrigération et de climatisation.
“Entre novembre et décembre 2025, 5 sessions de formation théorique et pratique ont été organisées au profit des formateurs de réfrigération et climatisation relevant des centres de formation professionnelle. Au total, 52 formateurs ont participé à ces sessions de formation”.
L’Unité Nationale d’Ozone à l’ANPE, œuvre aussi, selon le responsable, à renforcer les capacités de 10 centres de formation professionnelle opérant dans le secteur de la réfrigération et de la climatisation (RAC) en équipements et outillages nécessaires pour adopter les bonnes pratiques de manipulation et gestion des fluides frigorigènes fluorés.
Par ailleurs, dans le cadre des efforts nationaux visant l’instauration d’un système national de récupération, recyclage et régénération des fluides frigorigènes, l’ΑΝΡΕ a distribué durant mars et avril 2026, des équipements pour la récupération et le recyclage des réfrigérants au profit de 12 entreprises de services opérant dans le secteur RAC ( 6 entreprises sises au Grand Tunis et 6 autres à Sfax).


