Le palmarès de la 30e édition des Prix littéraires Comar d’Or, distinctions annuelles consacrées à la production romanesque tunisienne en langues arabe et française, a été dévoilé lors d’une cérémonie officielle organisée à la grande salle du Théâtre de l’Opéra, à la Cité de la Culture de Tunis.

L’écrivain et médecin Hichem Ben Azouz a remporté la distinction suprême en langue française pour son premier roman “Sangoma le guérisseur” (éditions Hikayet), aux côtés de l’auteur arabophone Nasr Belhaj Bettaieb, primé pour son œuvre “Saif Assaouane” (éditions Khraief).

Cette 30e édition anniversaire, marquant les trente ans d’existence de ces prix créés en 1997 par COMAR Assurances (Compagnie Méditerranéenne d’Assurances et de Réassurances), a été caractérisée par un volume inédit d’œuvres en compétition et une revalorisation des dotations financières. Le Prix Comar d’Or, dont la dotation est passée de 10 000 à 15 000 dinars, récompense les deux romans majeurs de l’année.

Les Prix Spéciaux du Jury, revalorisés à 7 000 dinars pour distinguer l’originalité d’une œuvre, ont été attribués à Hella Feki pour “Une reine sans Royaume” (éditions JC Lattès) en langue française, et à Fahmi Al-Balti pour “Dam Saye’e” (éditions Kabsa) en langue arabe.

Les Prix Découverte, dotés de 3 000 dinars pour encourager les auteurs prometteurs, reviennent quant à eux à Sofiene Ben M’rad pour “Tunis Arkana” (éditions SIKELLI) pour le volet francophone, et à Najoua Kadri pour “Al Majda” (éditions Arkadia) pour le volet arabophone.

Pour évaluer les ouvrages, deux comités distincts ont mené les délibérations. Le jury de langue arabe était composé de Mohamed El Qadhi, Naziha Khlifi, Saadia Ben Salem, Toufik Aloui et Neila Jalled. Le jury de langue française réunissait quant à lui Ridha Kefi, Issam Marzouki, Amina Chnik, Mokhtar Sahnoun et Azza Filali.

La soirée officielle de remise des prix s’est intégrée dans un programme débuté à 19h00, comprenant une exposition documentaire rétrospective sur les œuvres lauréates depuis 1997, une introduction musicale, ainsi qu’une série d’hommages officiels. Ces distinctions ont honoré six personnalités ayant contribué à la création des Comar d’Or ainsi que six lauréats emblématiques des éditions précédentes : Rachid Ben Jemia, Hatem Bourial, Chokri Mabkhout, Hédi Timoumi, Yamen Manaï et Faouzia Zouari.

L’événement s’est conclu par un concert de l’Orchestre Symphonique de Carthage sous la direction de Hafedh Makni, faisant suite à une rencontre thématique organisée la veille à la salle des Jeunes Créateurs sur le rayonnement international du roman tunisien.

Sur le plan statistique, la session 2026 enregistre un record historique de participation avec 92 romans candidats, dont 59 œuvres en lice en langue arabe et 33 en langue française, contre 13 au total lors de la première édition. Les romans participant à cette édition ont été écrits par des auteurs de nationalité tunisienne et publiés en Tunisie ou à l’étranger entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026.

Depuis la création du prix, 1 271 romans ont été examinés au total, se répartissant entre 846 ouvrages en langue arabe (650 par des hommes, 196 par des femmes) et 425 en langue française (295 par des hommes, 130 par des femmes).