Plus de 200 chercheurs, dirigeants d’entreprise, responsables d’organisations internationales, institutions financières, organisations professionnelles, société civile, étudiants et médias, venus de plus de 15 pays, prennent part aux travaux de la 26ème Conférence annuelle de l’Académie Africaine des Affaires et du Développement (AABD) tenue, pour la première fois en Tunisie, sous le thème : “À la croisée des chemins entre les perturbations locales et mondiales : structurer les organisations pour l’avenir de l’Afrique”.
Organisée par l’Université de la Manouba en partenariat avec Le Laboratoire Interdisciplinaire de Gestion Université Entreprise (LIGUE), la chaire UNESCO sur l’enseignement supérieur pour le développement durable en Afrique et l’Institut Supérieur de Comptabilité et d’administration des Entreprises (ISCAE), cette rencontre de trois jours met en lumière les dynamiques africaines de transition durable, les mutations organisationnelles et économiques et les coopérations interrégionales qui façonnent l’avenir des affaires et du développement sur le continent africain dans un contexte marqué par la disruption.
L’objectif étant de créer des espaces de débat et d’échange d’expertises autour de la production du savoir et de la recherche dans les domaines de l’économie et de la gestion, à travers une série d’ateliers et de sessions scientifiques portant notamment sur la finance, le marketing, le développement durable, la gestion du secteur de la santé et les technologies de l’intelligence artificielle.
Dans son allocution d’ouverture, le président de l’Académie africaine des affaires et du développement, Ayantunji Gbadamosi, a souligné que le thème de la conférence reflète clairement la nature de l’environnement économique africain actuel, marqué par des transformations rapides et des défis complexes.
Il a précisé que le continent fait face à plusieurs enjeux, notamment l’évolution technologique accélérée, l’incertitude économique, les troubles politiques, les changements climatiques, les crises sanitaires ainsi que les mutations démographiques, autant de facteurs qui impactent directement le paysage économique et le fonctionnement des institutions, tant en Afrique qu’à l’échelle mondiale.
Il a ajouté que la concurrence mondiale impose aux entreprises et aux acteurs économiques africains d’aborder ces transformations comme un choix stratégique indispensable et non comme une simple réaction circonstancielle aux crises.
Selon lui, les questions liées à l’innovation, à l’environnement durable et au renforcement de la coopération entre secteurs et entre pays figureront au cœur des débats du forum, en tant qu’éléments essentiels pour bâtir l’avenir du continent.
De son côté, la présidente de la Chaire UNESCO sur l’enseignement supérieur pour le développement durable en Afrique à l’Université de La Manouba et présidente de la conférence, Jouheina Gherib, a déclaré à l’agence TAP que la Tunisie accueille pour la première fois cette manifestation scientifique d’envergure afin de présenter les travaux et mettre en valeur les avancées réalisées par l’Afrique en matière de développement et de recherche scientifique.
Elle a souligné que la conférence représente une opportunité d’échange de connaissances et de découverte des recherches scientifiques les plus récentes, dans le but d’analyser la réalité du développement et de la recherche scientifique en Afrique, tout en formulant des propositions et recommandations susceptibles de contribuer à l’élaboration des politiques scientifiques et académiques sur le continent.
La responsable a ajouté que la Tunisie est en mesure de contribuer au développement du système africain d’enseignement supérieur et de recherche scientifique, tout en bénéficiant des différentes expériences africaines dans ces domaines.
Elle a, dans ce contexte, rappelé que le continent œuvre, dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, à la construction d’un modèle de développement fondé sur le capital humain, la connaissance et les sciences afin de relever ses défis internes, estimant que les débats lors de cette rencontre s’inscrivent pleinement dans cette dynamique.
Pour sa part, Rim Bouderbala, directrice du laboratoire de recherche en sciences de gestion (LIGUE) à l’Université de La Manouba, a indiqué que l’accueil de cet évènement en Tunisie témoigne de la confiance des chercheurs, universitaires et acteurs économiques africains dans le système tunisien d’enseignement supérieur et de recherche scientifique.
Dans une déclaration à l’agence TAP, elle a souligné la nécessité d’élaborer les approches théoriques en économie et en gestion à partir des spécificités du contexte africain et des problématiques propres aux entreprises africaines, estimant que le continent fait face à des défis particuliers qui ne peuvent être traités uniquement à travers des théories importées des pays du Nord, même si certaines convergences demeurent possibles.
Elle a ajouté que les pays du Sud sont appelés à jouer un rôle effectif dans les différents champs scientifiques, notamment en économie et en gestion, afin de favoriser la création de richesse et le développement.
De son côté, le directeur général de la coopération internationale au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Malek Kochlef, a indiqué à la TAP que la conférence cherche, à travers les ateliers et discussions scientifiques, à identifier des mécanismes contribuant à la réalisation du quatrième Objectif de développement durable de l’Organisation des Nations unies, relatif à l’accès de tous à une éducation de qualité.
Il a également souligné que la Tunisie joue un rôle de premier plan en Afrique dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique grâce à un système fondé sur des bases académiques et scientifiques solides.
Il a relevé que plusieurs indicateurs liés à la production scientifique, au nombre de chercheurs et aux taux d’accès à l’enseignement supérieur témoignent des progrès réalisés par le pays dans ce domaine.
Il a, par ailleurs, mis l’accent sur l’ouverture de la Tunisie à la coopération avec les pays africains dans le cadre d’une approche fondée sur la solidarité et la complémentarité, soulignant que le pays est capable de partager son expérience en matière d’enseignement supérieur et de recherche scientifique, notamment à travers l’accueil d’étudiants africains, l’exportation de programmes académiques et l’échange d’expertises et d’expériences.


