La ministre des Finances, Michket Slama Khaldi, a annoncé le versement imminent des augmentations de salaires accompagnées des rappels rétroactifs pour les premiers mois de l’année 2026. Cette mesure concrétise l’application de l’article 15 de la Loi de finances de 2026, qui encadre la revalorisation des traitements dans les secteurs public et privé ainsi que des pensions de retraite.
Cette annonce fait suite à l’adoption, fin avril 2026, de trois décrets présidentiels et gouvernementaux (n° 2026-63, 64 et 65) actant une hausse salariale échelonnée par tranches sur la période 2026-2028, avec un effet rétroactif à compter du 1er janvier 2026.
Selon les textes publiés, les montants des augmentations mensuelles sont fixés par grilles professionnelles : 120 dinars pour les sous-catégories A1 et A2, entre 100 et 105 dinars pour les catégories A3 et B, et 90 dinars pour les autres catégories. Ces majorations connaîtront une progression échelonnée en 2027 et 2028. Elles s’appliquent automatiquement aux pensions de retraite selon le même calendrier.
Dans le détail, le décret n° 2026-63 cible les agents de la fonction publique via la revalorisation d’indemnités spécifiques (gestion, exécution, indemnités sectorielles). Les secteurs concernés sont la culture, l’éducation, l’enseignement supérieur, l’intérieur, les affaires sociales, l’inspection du travail, ainsi que les filières scientifiques et médicales (ingénieurs, architectes, médecins, pharmaciens). Le texte précise toutefois qu’on ne peut cumuler l’augmentation de l’indemnité de gestion ou d’exécution avec la prime de rendement.
Le décret n° 2026-64, applicable aux entreprises et établissements publics, intègre ces hausses sous forme d’une indemnité spécifique versée sur 12 mois. Ces sommes sont soumises aux cotisations sociales mais sont exclues du calcul des primes annuelles (13ème mois ou prime de rendement).
Enfin, le décret n° 2026-65 accorde aux magistrats (ordre judiciaire, Tribunal administratif et Cour des comptes) une revalorisation annuelle de l’indemnité judiciaire de 120 dinars par an pour les années 2026, 2027 et 2028.
L’annonce de ce déblocage a été formulée mardi lors d’une rencontre à Tunis entre la ministre des Finances et Adeeb Yousuf Al-Aama, PDG de la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (ITFC) et secrétaire général du programme “Arab-Africa Trade Bridges” (AATB), actuellement en visite de travail en Tunisie (18-21 mai).
La ministre Slama Khaldi a profité de cette tribune pour réaffirmer que l’État tunisien poursuit résolument la consolidation de sa politique sociale. Elle a également souligné l’attention particulière accordée par le Président de la République, Kaïs Saïed, à la préservation et à la pérennité des institutions nationales opérant dans des secteurs stratégiques.


