
Entre le mégaprojet du Gazoduc transsaharien (TSGP) et une stratégie d’interconnexion électrique massive, le pays met son expertise au service de l’intégration continentale.
Le TSGP, colonne vertébrale de l’intégration continentale
Au cœur de la stratégie algérienne se trouve le projet titanesque du Gazoduc transsaharien (TSGP). Mené en synergie étroite avec le Nigeria et le Niger, ce corridor gazier ne représente pas seulement un exploit technique ; il incarne la concrétisation de l’Objectif de développement durable 7 (ODD 7) de l’ONU pour l’accès à l’énergie.
Pour Alger, le TSGP constitue le pivot de l’intégration énergétique régionale. Sous l’impulsion du président Abdelmadjid Tebboune, qui a érigé la coopération africaine en “axe prioritaire” de la politique étrangère, l’Algérie entend structurer le commerce énergétique transfrontalier et sécuriser l’approvisionnement des marchés subsahariens et internationaux.
Électricité et transfert de compétences : Au-delà des hydrocarbures
L’ambition algérienne dépasse largement le cadre du gaz naturel. Le pays s’emploie activement à densifier le réseau d’interconnexion électrique régional. Cette démarche vise à optimiser les infrastructures existantes des pays voisins, à stimuler les synergies interétatiques et à garantir une stabilité électrique sur un continent encore soumis à de profonds déficits structurels.
Pour ce faire, Alger mise sur le soft power industriel et le partage de compétences. Fort d’une maîtrise complète de la chaîne de valeur énergétique, le pays propose aux nations africaines un accompagnement global : formation de pointe, assistance technique et codéveloppement de projets. Une stratégie nationale de valorisation des ressources locales, éprouvée depuis plusieurs années, permet déjà à l’Algérie de fabriquer et d’exporter ses propres équipements énergétiques.
Le pari des énergies renouvelables et de la transition juste
Tout en consolidant ses acquis fossiles, l’Algérie affiche des indicateurs de sécurité énergétique intérieurs exceptionnels, affichant à fin 2025 un taux de couverture électrique de 99 % et un accès au gaz supérieur à 75 %. Cette assise lui permet d’aborder sereinement le virage de la transition énergétique.
Le cap est désormais fixé sur les énergies propres avec un objectif de 15 000 mégawatts (MW) d’énergies renouvelables installés à l’horizon 2035. Dès la fin 2026, une première étape critique sera franchie avec l’atteinte d’une capacité installée d’environ 4 000 MW. À travers cette feuille de route, l’Algérie démontre qu’une transition énergétique juste, abordable et durable en Afrique doit s’appuyer sur la souveraineté industrielle et la valorisation concertée des ressources du continent. (source: APS)
EN BREF
- Ambition continentale : L’Algérie aspire à devenir le hub énergétique pivot de l’Afrique via des partenariats équilibrés.
- Mégaprojet TSGP : Le Gazoduc transsaharien (Algérie-Niger-Nigeria) est réaffirmé comme le moteur de l’intégration énergétique africaine.
- Souveraineté électrique : Alger affiche un taux d’électrification national de 99 % et un taux de couverture en gaz de plus de 75 % à fin 2025.
- Cap sur le vert : L’Algérie vise 4 000 MW d’énergies renouvelables d’ici fin 2026, avant de cibler 15 000 MW à l’horizon 2035.
- Cadre multilatéral : Ces annonces ont été faites lors du FRADD12 à Addis-Abeba, plateforme clé de l’UA et de l’ONU pour l’Agenda 2063.


