
Dans une interview accordée à l’Agence TAP à l’occasion de sa visite au bureau de l’UNOPS à Tunis, le responsable onusien a souligné l’importance de renforcer le multilatéralisme dans un contexte mondial de « polycrises ».
Il s’est félicité des projets réalisés en partenariat avec les autorités tunisiennes, notamment dans le secteur de la santé, rappelant que l’impact concret sur la vie des citoyens constitue le principal critère d’évaluation de l’action de l’UNOPS.
Da Silva a cité, à ce titre, la coopération engagée durant la pandémie de COVID-19, lorsque l’UNOPS, à la demande du gouvernement tunisien et de la Banque mondiale, a appuyé l’acquisition d’équipements et de fournitures médicales destinés à répondre à l’urgence sanitaire et à renforcer la résilience du système de santé tunisien.
Il a, également, évoqué l’acquisition d’un robot chirurgical de dernière génération, destiné à améliorer la qualité et la sécurité des interventions tout en réduisant la durée de convalescence des patients.
Dans ce contexte, le responsable onusien a insisté sur l’importance des projets liés à la digitalisation des services de santé et à l’intégration de l’intelligence artificielle, en vue d’améliorer l’accessibilité aux soins et l’efficacité des services de santé.
Au-delà du secteur de la santé, Da Silva a indiqué que l’UNOPS entend approfondir sa coopération avec la Tunisie dans les domaines des infrastructures et de l’énergie.
En réponse à une question sur les tensions géopolitiques croissantes et les défis auxquels fait face le système international, notamment les répercussions de la fermeture du détroit d’Ormuz, Jorge Moreira da Silva a estimé que la confiance dans le multilatéralisme ne pourra être restaurée qu’à travers des résultats tangibles.
Il a expliqué que l’UNOPS, contrairement aux autres agences onusiennes, agit comme un acteur chargé de transformer les ambitions en réalisations concrètes.
Dans ce cadre, il a rappelé l’initiative « UN80 », lancée par le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, afin de rendre l’Organisation des Nations unies plus efficace et mieux adaptée aux défis de demain.
Le monde ne fait plus face à des crises isolées, mais à des défis interconnectés, a-t-il fait observer, ce qui exige, selon lui, une solidarité internationale accrue, une coopération multilatérale renforcée ainsi qu’une plus grande implication du secteur privé aux côtés des gouvernements et des organisations internationales.
Abordant le lien entre développement et stabilité politique, il a souligné la nécessité de faire progresser simultanément l’action humanitaire, le développement et la consolidation de la paix.
Il a identifié quatre piliers essentiels à tout progrès durable : la stabilité politique et les réformes, le financement du développement, l’investissement du secteur privé et la capacité de mise en œuvre.
À cet égard, il a considéré que la Tunisie représente un exemple positif de pays s’appuyant de plus en plus sur la mobilisation de ses ressources nationales et sur les banques multilatérales de développement, plutôt que sur les bailleurs traditionnels.
Toutefois, il a estimé que la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) nécessite une mobilisation beaucoup plus importante des investissements privés à l’échelle mondiale.
Concernant le rôle régional de la Tunisie, il a salué l’attachement constant du pays au système multilatéral et aux Nations unies.
Il a estimé que la Tunisie figure parmi les rares pays capables d’interagir simultanément avec l’Europe, la région méditerranéenne, l’Afrique et le monde arabe, ce qui en fait une plateforme privilégiée pour le dialogue et la coopération internationale.


