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Le chercheur et spécialiste en démographie sociale au département de sociologie à l’université de Tunis Mohamed Ali Ben Zina, a souligné que le taux de retard dans l’âge du mariage est élevé en Tunisie, soulignant que les données ont dévoilé que 80 pc parmi la tranche d’âge entre 15 et 34 ans ne sont pas mariés.

Il a indiqué au cours d’une conférence scientifique ayant pour thème, “la famille unie et protectrice de ses membres: fondement de la sécurité sociale”  organisée jeudi par le ministère de la famille, de la femme, de l’enfance et des personnes âgées, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la famille, qui coincide avec le 15 mai de chaque année, que la moyenne d’âge au mariage en Tunisie est de 35 ans pour les hommes et de 28,4 ans pour les femmes, selon les dernières statistiques de l’Institut national de la statistique.

Il a relevé que ces indicateurs démontrent que les jeunes reportent le mariage en raison de plusieurs facteurs dont notamment la difficulté de trouver un emploi après l’obtention de leur diplôme ou l’instabilité professionnelle.

Il a expliqué que le retard au mariage a un impact direct sur la baisse du taux de natalité, qui contribue au vieillissement démographique, signalant que ce taux atteindra 16,9 pc en 2024 et augmentera à 20 pc au cours des cinq prochaines années, selon les résultats du recensement général de la population de 2024.

Le spécialiste a souligné la nécessité d’adopter des politiques incitatives pour aider les jeunes à fonder une  famille et à réaliser la stabilité sociale, notamment à travers des programmes d’emploi qui favorisent une indépendance financière, appelant à mettre en place des programmes pour encourager la natalité.

Par ailleurs, il a plaidé en faveur de l’élaboration de politiques publiques qui prennent en compte cette transformation démographique, à travers la révision du système de santé et le renforcement des budgets des caisses sociales pour répondre aux besoins des personnes âgées.

En ce qui concerne la protection des enfants, il a insisté sur l’importance de renforcer les établissements de prise en charge supervisées par l’état, avec des coûts qui tiennent compte des conditions économiques des familles.