La Tunisie vient de valider cinq projets solaires d’envergure, pour un montant dépassant le demi-milliard d’euros. Voltalia (France), Scatec Solar (Norvège) et Qair Group (France) construiront des centrales à Gabès, Sidi Bouzid et Gafsa, avec des contrats de 20 à 25 ans. L’électricité produite sera vendue exclusivement à la STEG, à des prix trois fois inférieurs à ceux du gaz importé.Une campagne de désinformation
Autour de ces projets, une campagne de désinformation tente de semer le doute. Or, plusieurs faits sont occultés :
• Les travaux d’infrastructures et de renforcement du réseau sont intégralement financés par les concessionnaires, et non par l’État tunisien.
• La prime accordée dans le cadre de ces projets générera un retour sur investissement estimé importants après dix ans, preuve que ces accords ne sont pas une perte mais un levier économique majeur.
• L’arbitrage international prévu dans les contrats est une clause standard, inscrite dans plus de 53 accords de protection des investissements signés par la Tunisie.
La STEG face à ses responsabilités
Les syndicats de la STEG s’opposent, invoquant la défense des acquis sociaux. Pourtant, l’entreprise n’a pas investi sérieusement dans le solaire depuis le début des années 2000. Avec une dette lourde et une situation financière fragile, elle n’a plus la capacité d’emprunter pour construire de telles centrales. Le statu quo n’est plus une option.
Le vrai enjeu : un savoir-faire tunisien
Ces projets ne doivent pas être vus uniquement comme une source d’électricité bon marché. Ils représentent une opportunité stratégique de transfert de compétences. Le savoir-faire cumulé par les ingénieurs, techniciens et industriels tunisiens leur permettra :
• De conquérir des marchés internationaux, en se positionnant comme prestataires compétents.
• D’obtenir des références solides grâce à la réalisation de grandes stations solaires.
• De bâtir un tissu industriel local capable de rivaliser dans la région et au-delà.
Sans cette stratégie, la Tunisie restera dépendante des opérateurs étrangers, même pour une ressource aussi abondante que le soleil.
Une opportunité historique
« Si ces projets apportent une véritable indépendance énergétique, du développement, de l’emploi et un transfert de technologie, il faut les soutenir », affirme Jallouli. Mais il ajoute que l’essentiel est de transformer ces accords en levier de modernisation industrielle.
Le photovoltaïque n’est pas seulement une énergie propre : c’est une chance historique pour la Tunisie de bâtir une souveraineté énergétique et technologique, de renforcer son industrie et de se projeter sur les marchés mondiaux.
Face à la désinformation, l’analyse rigoureuse montre que ces projets ne sont pas une concession de souveraineté, mais une conquête d’avenir.


