La huitième édition de Gabès Cinéma Fen, qui se tiendra du 26 avril au 2 mai 2026, propose une programmation riche et variée, célébrant l’image comme acte de résistance et de résilience.

Le cinéma arabe y occupe une place de choix avec une sélection de huit films, dont cinq fictions et trois documentaires. Dans “The President’s Cake” de l’Irakien Hassan Hadi, le récit adopte une apparente simplicité pour mieux révéler, à hauteur d’enfant, l’absurdité d’un système où le quotidien devient épreuve et où l’innocence se heurte à la violence du réel. Avec “All That’s Left of You” de la Palestinienne Cherien Dabis, la tension narrative atteint un seuil presque insoutenable, déplaçant le cinéma vers une zone éthique fragile. L’image traverse “Exil” du Tunisien Mehdi Hmili, où les cœurs finissent en rouille, tout comme “Yunan” du Syrien Ameer Fakher Eldin, où le paysage lui-même porte les traces d’un monde disloqué. Dans Un monde fragile et merveilleux du Libanais Cyril Aris, la fiction retrace l’histoire du Liban à travers une relation amoureuse qui se déploie sur trois décennies.

Trois documentaires complètent cette sélection. “Khartoum”, porté par cinq réalisateurs, propose une autre lecture de la capitale soudanaise à travers les rêves animés de ses habitants, défiant une guerre civile qui s’enlise. Dans “With Hassan in Gaza” du Palestinien Kamal Aljafari, l’image est reprise, interrogée, déconstruite, comme si voir ne suffisait plus, comme s’il fallait désormais apprendre à regarder. Avec “Souraya Mon Amour” du Libanais Nicolas Khoury, elle devient espace de réminiscence, tissé d’archives et de correspondances, où l’absence continue de dialoguer avec le présent.

Dans la section Cinéma Monde, trois films sont proposés : la fiction “Oh ! What Happy Days” de l’Iranien Homayoun Ghanizadeh, ainsi que les documentaires “Afternoons of Solitude” de l’Espagnol Albert Serra et “Memory” de Vlalena Sandu. Trois œuvres où l’image bouscule le réel et l’imaginaire pour mieux interpeller.

La section Installation filmique présente le documentaire Qui vit encore de Nicolas Wadimoff, où l’image, dans toutes ses formes, archive, résiste et persiste à travers les voix des Gazaouis, là où tout tend à disparaître.

S’agissant des courts métrages, cette édition met en lumière le regard de la nouvelle génération de cinéastes venus de différents horizons : “L’mina” de Randa Maroufi, Je suis content que tu sois mort maintenant de Tawfeek Barhom, “Space-invaders.exe” de Malaz Usta, “Ali” d’Adnan Al Rajeev, Baadrane de Samah El Kadi, “Le Fardeau des ailes” de Rami Jarboui, “Perishable Idol” de Majd Al Remaihi et “La Dernière Récolte” de Miranda Nuno.

La section « Rétrospective » rend hommage au cinéaste Oliver Laxe à travers une sélection de ses films accompagnée d’une masterclass. Une séance spéciale est également consacrée à “The Voice of Hind Rajab” de Kaouther Ben Hania, suivie d’une rencontre avec la réalisatrice.

Dans Ciné-classiques, la programmation conçue par Hend Sabri, marraine du festival, invite à considérer le passé comme une mémoire active, en dialogue constant avec le présent. Cette section rend hommage à Fadhel Jaziri à travers la projection en première arabe de la version restaurée de La Noce, ainsi qu’au cinéaste Ali Badrakhan avec son film Shafiqa et Metwalli.

Ciné-Promesse met en avant les regards émergents de quatre jeunes cinéastes tunisiens : “A la lumière” de Dali Jannedi, “The Light That Remains” de Youssef Guermazi, “Pierre-feuille-ciseaux”  de Cherifa Benouda et  “Al Bacouss” de Med Amine Khader.

Comme à chaque édition, Ciné-Terre met en lumière les enjeux écologiques contemporains avec “The Fin” du Coréen Syeyoung Park et “Accumulations” des Canadiens Mériol Lehmann et Philippe Allard.

Enfin, les plus jeunes trouvent leur place dans Ciné-Kid’z avec deux films à l’affiche : “Hola Frida” d’André Kadi et Karine Vézina, ainsi que le manga “Maruko”.