
Quels partenariats stratégiques (universités, incubateurs, investisseurs) ont été décisifs pour Ezzayra ?
UGFS notre investisseur principal et Smart Capital, ils ont joué un rôle capital dans notre survie et notre croissance. ACTINCUBE (incubateur de Actia) et Orange Fab nous ont beaucoup aidé à améliorer nos produits et les rendre plus compétitifs
Quels conseils donneriez-vous à un jeune entrepreneur qui souhaite se lancer dans l’AgriTech ?
Commencez par comprendre profondément les besoins des agriculteurs, allez sur le terrain, testez rapidement et itérez. La persévérance et l’humilité sont indispensables. Cherchez aussi des mentors et des partenaires qui partagent votre vision.
Comment imaginez-vous l’agriculture tunisienne dans dix ans grâce aux technologies numériques ?
Je la vois plus résiliente, connectée et durable : des fermes pilotées par la data, une gestion optimisée de l’eau, une traçabilité totale des produits et une intégration forte dans les chaînes de valeur régionales.
Quelle est votre plus grande fierté en tant que CEO d’Ezzayra ?
Voir des agriculteurs qui, grâce à nos outils, améliorent leurs conditions de vie et deviennent des ambassadeurs de l’innovation dans leurs communautés. C’est la preuve que la technologie peut avoir un impact social réel. Voir des agriculteurs vivre dignement de leurs terres et ce grâce en grande partie à nos solutions.
Quelle est la vision institutionnelle d’Ezzayra pour contribuer à la modernisation du secteur agricole tunisien ?
Nous voulons être un acteur clé de l’écosystème AgriTech national et régional, en contribuant à la souveraineté technologique agricole et en formant une nouvelle génération d’agriculteurs-entrepreneurs. Aussi en étant un fédérateur ou agrégateur de technologie pour le secteur agricole.
Quels indicateurs utilisez-vous pour mesurer l’impact économique et social de vos solutions ?
Nous suivons des indicateurs économiques (rendement, coûts), environnementaux (eau, intrants, émissions) et sociaux (adoption, création de valeur locale). Et pour chaque parcelle et ferme nous avons des données avant et après l’utilisation de nos technologies.
Quels partenariats institutionnels (ministères, chambres d’agriculture, bailleurs internationaux) ont été déterminants pour le développement d’Ezzayra ?
La Caisse des Dépôts via Smart Capital et des bailleurs comme expertise France et l’UE ont facilité notre accès à des programmes de financement et à des réseaux d’agriculteurs surtout en Côte d’Ivoire.
Comment collaborez-vous avec les universités et centres de recherche pour renforcer l’innovation dans l’AgriTech ?
Nous avons des conventions de recherche avec l’INAT et l’INGC pour adapter nos algorithmes aux conditions locales et développer de nouveaux capteurs low-cost.
Quels mécanismes de financement ou d’accompagnement institutionnel seraient nécessaires pour accélérer la croissance des startups agricoles ?
Des fonds de garantie, des subventions à l’innovation ciblées AgriTech, et des appels à projets communs public-privé seraient des leviers puissants.
Comment vos solutions contribuent-elles à améliorer la compétitivité des exploitations agricoles tunisiennes face aux marchés régionaux et internationaux ?
En améliorant la qualité, la traçabilité et la rentabilité, nos outils aident les producteurs tunisiens à répondre aux standards d’exportation et à se différencier sur des critères de durabilité.
Quels sont les défis institutionnels (réglementation, infrastructures, accès aux données) qui freinent l’adoption de vos technologies ?
Le manque de données agricoles ouvertes, la lenteur des procédures d’importation pour les équipements tech, et le faible débit internet en zones rurales restent des freins importants. Aussi des lois pour l’utilisation des drones, les licences IOT, bande fréquence radio (CERT, ANF)
Comment Ezzayra envisage-t-elle son rôle dans l’intégration de la Tunisie dans les chaînes de valeur agricoles africaines et méditerranéennes ?
Nous voulons positionner la Tunisie comme un hub AgriTech régional, en exportant nos solutions et en connectant les agriculteurs tunisiens aux marchés via des plateformes de gestion des chaines de valeurs agricole, des plateformes qui donneraient accès au financement au agriculteurs et aux assurances, passer de l’agritech à la fintech et l’Insurtech.
Quelles recommandations feriez-vous aux décideurs publics pour renforcer l’écosystème AgriTech en Tunisie ?
Créer un guichet unique pour les startups AgriTech, faciliter l’accès aux données météo et sols, et intégrer les solutions tech dans les programmes de subvention agricole existants.
Comment voyez-vous l’évolution du rôle des startups dans la mise en œuvre des politiques agricoles nationales ?
Les startups deviendront des partenaires de co-construction des politiques publiques, apportant agilité, Testing terrain et mesure d’impact en temps réel. Mais rien ne peut être fait sans data agricole, aucun recensement agricole n’a été fait les dernières années.
Quelle place accordez-vous à l’internationalisation dans votre stratégie institutionnelle, notamment en Afrique et au Moyen-Orient ?
L’internationalisation est au cœur de notre stratégie de croissance. Nous visons à adapter notre modèle tunisien à d’autres pays méditerranéens et africains, en créant des partenariats locaux forts et en contribuant à la sécurité alimentaire régionale.
Entretien initié par Amel Belhadj Ali
EN BREF
- Ezzayra structure son développement autour de partenariats financiers et institutionnels
- Les solutions reposent sur la data et le suivi terrain
- L’impact est mesuré à l’échelle de chaque ferme
- Des freins réglementaires et infrastructurels persistent
- L’internationalisation constitue un axe stratégique majeur


