Le député français de l’extrême droite au Parlement européen, Thierry Mariani, est a priori -et contre toute attente- celui qui semble avoir compris la situation politique tunisienne, et plus est la défend… avec pragmatisme.

 

En effet, jeudi 20 octobre 2022, Mariani a vertement critiqué le traitement de l’Union européenne du dossier tunisien, depuis que Kaïs Saïed s’est arrogé tous les pouvoirs en vue de rétablir la stabilité politique en Tunisie.

En tout cas, même si on est loin d’être d’accord avec tout ce que fait le chef de l’Etat tunisien, Kaïs Saïed, nous lui donnons raison sur certains. Et certaines accusations ne sont pas fondées, notamment celles portant sur les violations des droits de l’Homme, la menace sur les libertés fondamentales, etc.

Voici ce qu’il a dit devant ses pairs européens :

« A force d’entendre ces débats en urgence sur les droits de l’Homme et le monde méditerranéen, je me pose une question : Existe-t-il ici une option préférentielle pour les Frères musulmans au Parlement européen ? Nous sommes en droit de nous poser la question, vu les déclarations aujourd’hui de l’UE et des associations dites de défense des droits de l’Homme, au sujet de la Tunisie, comme ce fut d’ailleurs le cas hier, avec l’Egypte.

Quand ce pays était dirigé par les Frères musulmans d’Ennahdha, sous perfusion d’argent occidental, nous ne trouvions rien à redire (…) Heureusement, le peuple tunisien était plus courageux et a dit stop à la régression de ses mœurs et de ses finances (…) Le président Saïed est arrivé. Il est arrivé avec un soutien populaire extrêmement important. Il tente de rétablir l’autorité politique et présidentielle. Il tente de renouer le dialogue de Tunis avec les institutions financières internationales. Il tente aussi de rétablir une certaine stabilité politique.

De quoi la Tunisie souffre-t-elle aujourd’hui ? D’abord, d’un voisinage compliqué, ensuite, d’une crise inflationniste. Pour le peuple tunisien, la priorité est de vivre plutôt que de survivre. Alors que la Tunisie vient de parvenir à un accord avec le FMI, nous devrions plutôt réfléchir, à ses côtés, sur la manière de coopérer, afin de renforcer la coopération régionale en Méditerranée. C’est notre intérêt au plan migratoire. C’est un intérêt au plan sécuritaire. C’est notre intérêt au plan géopolitique, tant les liens culturels avec ce pays sont forts.

Nous avons besoin d’un Maghreb fort, capable d’offrir des opportunités économiques à ses enfants, de lutter contre les islamistes et de participer à l’équilibre de toute cette région de l’Afrique (…) Depuis 2019, le président Saïed essaye de renforcer l’Etat, condition essentielle pour que la Tunisie puisse retrouver son envergure régionale et internationale. (…) Je ne pense pas que multiplier les ingérences pour le contraindre à suivre certaines recettes, qui ont systématiquement échoué depuis 2011, soit une bonne chose.

Chers collègues, pour vous la Tunisie est en face de l’Europe (…) Pour nous, elle est avec l’Europe, dans un intérêt partagé pour notre bien commun : La Méditerranée ».

Qui dit mieux ?

Ceci étant, on se demande ce qui est derrière cette défense en bonne et due forme de la Tunisie, de Kaïs Saïed par député de l’extrême droite.