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à Wall Street (Photo : Timothy Clary)

[02/11/2013 07:57:23] New York (AFP) Assurée du soutien de la banque centrale américaine et rassurée par des résultats d’entreprises satisfaisants, Wall Street surveillera surtout la semaine prochaine le rapport mensuel sur l’emploi, à l’affût de tout signal sur l’avenir de la politique monétaire.

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones Industrial Average, indice vedette réunissant 30 valeurs de la Bourse de New York, a avancé de 0,29% à 15.615,55 points.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a cédé 0,54% à 3.922,04 points.

L’indice élargi Standard & Poor’s 500 a pour sa part progressé de 0,11% pour clôturer à 1.761,64 points.

Les chiffres officiels sur la situation du marché du travail américain en octobre sont attendus vendredi et ils sont importants à deux titres, selon David Levy de Kenjol Capital Management.

D’une part, ce sera le premier indicateur permettant de se faire une idée de l’impact sur l’économie du blocage budgétaire au Congrès qui a forcé des centaines de milliers de fonctionnaires américains à rester chez eux pendant plus de deux semaines.

“La question est de savoir si cette crise aura un impact à long terme ou alors si elle n’affectera que le mois d’octobre”, souligne David Levy.

Mais le rapport sur l’emploi sera aussi scruté à l’aune de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed).

“Depuis plusieurs semaines, le marché ne s’intéresse qu’aux spéculations sur le calendrier” de l’institution, relève David Levy de Kenjol Capital Management: les investisseurs veulent savoir quand la Fed commencera à diminuer son programme de rachat massif d’actifs qui est destiné à stimuler l’économie et dont Wall Street a largement profité depuis le début de l’année.

Sans surprise au vu de la faiblesse des récents indicateurs, l’institut monétaire a décidé le 30 octobre de maintenir en l’état son aide actuelle à l’économie.

Mais pour toute décision à venir, la performance du marché du travail reste le facteur décisif.

Aussi, si le rapport mensuel sur l’emploi “est trop bon, alors la Fed sera plus encline à ralentir son aide, ce que le marché n’aime pas”, souligne David Levy. “S’il est trop mauvais, cela signifie que l’économie est vraiment en mauvaise posture et ce n’est pas non plus très encourageant pour les investisseurs”, ajoute-t-il.

Pour se faire une meilleure idée de la situation de l’économie, les courtiers pourront aussi compter lundi sur des chiffres sur les commandes à l’industrie, mardi sur l’activité des services et vendredi sur les revenus et dépenses des consommateurs.

Jeudi sera aussi diffusé la première estimation du produit intérieur brut du troisième trimestre.

Du côté des entreprises, cette période des résultats a été plutôt satisfaisante, “pas particulièrement mauvaise, pas particulièrement bonne, mais on s’achemine malgré tout vers un nouveau record en termes de bénéfice total”, note David Levy.

“Dans l’ensemble, les entreprises américaines se portent très bien, leurs profits sont à des sommets et la Bourse suit”, dit-il.

Pour Greg Peterson, de Ballentine Partners, il ne serait pas étonnant dans ce contexte que les indices ne progressent que mollement d’ici la fin de l’année.

“Il ne faut pas oublier que le S&P 500 a progressé d’environ 25% depuis le début de l’année. C’est fantastique. Une stagnation jusque fin décembre ne serait pas une mauvaise chose”, souligne-t-il.

Et selon lui, trop d’incertitudes pèsent sur les finances américaines pour inciter les courtiers à aller encore beaucoup plus haut.

Les responsables politiques américains sont parvenus mi-octobre in extremis à un accord au Congrès pour éviter un défaut de paiement du pays, mais il n’est que temporaire. Républicains et démocrates doivent se remettre à la table des négociations d’ici février pour trouver un compromis plus durable sur le budget et le plafond de la dette.

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