Ilva : tous les recours envisagés contre une fermeture du site

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érie (Photo : Nigel Treblin)

[13/08/2012 14:34:31] ROME (AFP) La direction de l’usine Ilva de Tarente (sud), la plus grande aciérie d’Europe, et le gouvernement utiliseront “tous les recours possibles” pour éviter la fermeture du site alors que la justice locale a ordonné l’interruption de l’activité pour “catastrophe environnementale”.

Une centaine d’ouvriers ont bloqué lundi matin pendant trois heures la route nationale 7, artère reliant la ville de la région des Pouilles au reste de l’Italie, en signe de protestation contre le risque de fermeture de l’usine, selon les médias.

Les ouvriers ont annoncé peu après la fin de cette manifestation la possibilité d’une nouvelle action collective mardi.

Au même moment, le patron d’Ilva, Bruno Ferrante, un ex-préfet chargé de gérer l’entreprise dans cette phase difficile, rencontrait les représentants des autorités territoriales et les syndicats “pour faire le point sur la situation”.

“Des recours seront déposés auprès de toutes les instances possibles contre la décision du juge”, a déclaré à l’issue de cette réunion Mimmo Panarelli, secrétaire général de Fim, syndicat des ouvriers de la sidérurgie.

Vendredi soir, la juge Patrizia Todisco a envoyé une notification à Ilva lui interdisant de continuer la production dans le secteur “à chaud” (hauts-fourneaux, cokerie), se basant sur des rapports ayant démontré une surmortalité anormale à Tarente liée au rejet de grandes quantités de polluants dont la dioxine.

Les dirigeants de la plus grande usine sidérurgique d’Europe, qui produit à elle seule 9 des 28 millions de tonnes d’acier fabriquées annuellement en Italie et emploie 11.500 salariés (auxquels s’ajoutent plus de 8.000 emplois induits), sont visés par une procédure judiciaire pour “catastrophe environnementale”.

Lundi dans la matinée, le gouvernement italien a de son côté annoncé son intention de déposer un recours devant la Cour constitutionnelle pour éviter la fermeture de la plus grande aciérie d’Europe.

“Nous demanderons à la Cour Constitutionnelle de vérifier qu’un de nos pouvoirs n’ait pas été violé : celui consistant à mener la politique industrielle”, a expliqué le Secrétaire à la présidence du Conseil, Antonio Catricalà dans une interview à Radio Uno.

Pour M. Catricalà, la décision d’un juge de Tarente de mettre sous séquestre les installations “à chaud” de la plus grande aciérie d’Europe dans le cadre d’une enquête pour catastrophe environnementale, est “disproportionnée”.

L’interruption de la production de l’Ilva serait “gravissime pour l’économie nationale”, s’est inquiété ce haut responsable, alors que le gouvernement a alloué récemment plus de 330 millions d’euros à la dépollution et la remise aux normes de l’usine de Tarente.

Mario Monti a décidé d’envoyer une mission ministérielle sur place le 17 août formée des ministres du Développement économique Corrado Passera, de l’Environnement Corrado Clini et de la Justice Paola Severino.

Le 2 août, des milliers de salariés soutenus par les trois grands syndicats italiens avaient manifesté à Tarente pour réclamer le maintien de leur emploi, préférant, comme l’avait déclaré l’un d’eux, “mourir de cancer que de faim”.