“La ZLECAF n’est pas seulement un accord tarifaire, c’est une refonte fondamentale de l’avantage concurrentiel tunisien. Cette refonte nécessite une mobilisation coordonnée des pouvoirs publics, des institutions d’appui et du secteur privé”, a indiqué le sous-directeur de la coopération économique et commerciale au ministère du Commerce et du Développement des Exportations, Fakhri Bouzayen.

“La diversification des marchés d’exportation n’est plus une option face à la vulnérabilité des marchés traditionnels de la Tunisie. 66% des exportations tunisiennes dépendent aujourd’hui du marché européen, un marché mature et fortement exposé aux fluctuations économiques régionales”, a-t-il estimé, lors de la première édition du Forum de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) organisée, mercredi, sur le thème “Le hub Tunisie face à la Zlecaf : Opportunités et croissance”.

“Malgré la faible part des exportations nationales acheminées vers les pays africains (environ 4,5% des exportations totales), la Tunisie dispose de la plus grande diversité en termes de produits, de pays atteints (42) et de l’indice de complexité le plus important”, a encore précisé le responsable, appelant à capitaliser sur ces acquis pour renforcer les exportations tunisiennes vers les marchés du continent.

Au-delà de la dimension commerciale de cet accord, le responsable estime que l’intégration circulaire dans les chaînes de valeur africaines constitue le moteur de transformation principal dans le cadre de cet accord.

Bouzayen a aussi fortement plaidé pour le renforcement de la visibilité du secteur des services national sur la carte africaine soulignant que la libéralisation des services ouvre des voies au-delà de l’exportation de marchandises.

25 pays africains sont sur le point de franchir une étape décisive pour la ZLECAF en finalisant la domestication de leurs concessions tarifaires ( contre 11 actuellement et 8 en 2022, selon ses dires. Cette mesure est essentielle pour l’application concrète des réductions de droits de douane sur le continent.

Toutefois, la mise en œuvre de cet accord continental reste confrontée à plusieurs obstacles dont des réseaux de distribution limités, un manque de représentations physiques, une faible connectivité maritime directe, des coûts de transport élevés, un déficit de fret aérien, un accès restreint au financement export, risques commerciaux non couverts, une méconnaissance des concessions et des règles d’origine, une complexité douanière et une disparité des exigences techniques.

La première édition du Forum de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine est organisée en marge du Salon International de l’Alimentation Afrique (IFSA Afrique) qui se tient du 9 au 11 juin 2026 au Parc des expositions du Kram à Tunis.