USA : Volcker dit aux banques de s’attendre à pouvoir être démantelées

photo_1269990126274-1-1.jpg
économique du président américain Barack Obama, le 2 février 2010 à Washington, DC (Photo : Tim Sloan)

[30/03/2010 23:06:01] WASHINGTON (AFP) Paul Volcker, conseiller économique du président américain Barack Obama, a affirmé mardi que les banques du pays devaient s’attendre à pouvoir être démantelées de force en cas de problème.

“Au final, l’entreprise qui est en situation d’échec devrait être liquidée ou fusionnée (…) C’est une peine capitale, pas une hospitalisation”, a expliqué M. Volcker lors d’une conférence devant le Petersen Institute à Washington.

L’ancien président de la banque centrale américaine (1979-1987) a soutenu la proposition du gouvernement, reprise par le Congrès dans le débat sur la réforme de la régulation financière, d’établir une autorité publique qui pourrait prendre le contrôle d’une institution financière en danger.

“Il y a clairement un besoin de ce qu’on appelle une autorité de démantèlement ordonné” pour ces groupes, a-t-il affirmé.

Il s’est dit convaincu que ce serait l’une des mesures les plus efficaces contre l'”aléa moral”, qui pousse les opérateurs financiers à prendre des risques inconsidérés lorsqu’ils ont la certitude d’être sauvés.

Depuis des interventions de l’Etat pour éviter des faillites, comme celle de l’ancien numéro un mondial de l’assurance AIG en septembre 2008, “les gens s’attendent à ce qu’on ne laisse pas les institutions financières très grandes et complexes faire faillite”, a déploré M. Volcker.

“Si on n’ébranle pas cette conviction, la conséquence naturelle est que la prise de risque sera encouragée et en fait subventionnée (…) et nous pourrions nous diriger à toute vitesse vers la prochaine crise dans quelques années”, a-t-il poursuivi.

“Cela me paraît le défi central de la réforme”, a-t-il considéré.

M. Volcker a incité le président Obama à introduire dans la réforme de la régulation une disposition interdisant aux banques de spéculer sur les marchés pour leur propre compte, un moyen selon lui de protéger le système financier contre les fluctuations de ces marchés.

M. Obama a rappelé mardi que ce point, en débat au Congrès, lui importait particulièrement.

“Nous devons mettre en place une surveillance suffisante pour que la spéculation ou la prise de risque téméraire par un petit nombre d’acteurs importants sur les marchés financières ne menacent plus jamais l’économie mondiale ni n’alourdissent la charge pour les contribuables”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse commune avec le président français Nicolas Sarkozy.

Il a appelé les sénateurs à s’entendre au plus vite sur le texte de loi, à leur retour au Capitole le 12 avril. “J’ai hâte que le Sénat agisse concernant cette législation essentielle, pour que nous ne répétions plus jamais les erreurs qui ont mené à cette crise”, a-t-il souligné.

La commission bancaire du Sénat a adopté le 22 mars un texte soutenu uniquement par ses membres démocrates, et jugé insuffisant par l’opposition républicaine.

Quand il aura voté dans son ensemble ce projet de loi, le Sénat devra encore négocier pour harmoniser son texte avec la Chambre des représentants, qui avait adopté sa version de la réforme de la régulation financière en décembre.