Sarkozy déterminé à mettre en oeuvre la plupart des propositions Attali

 
 
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Le président de la République Nicolas Sarkozy, le 23 janvier 2008 à l’Elysée. (Photo : Martin Bureau)

[23/01/2008 21:21:56] PARIS (AFP) Jacques Attali a remis mercredi son rapport sur la libération de la croissance à Nicolas Sarkozy, qui s’est montré d’accord sur l’essentiel de ses propositions , sauf sur la réforme du principe de précaution et la suppression des départements.

“J’adhère à l’essentiel de vos conclusions”, a déclaré le président de la République en recevant à l’Elysée le rapport de la commission dirigée par l’ancien sherpa de François Mitterrand.

Ce rapport, qui a suscité des réactions contrastées , propose les recettes censées permettre à la France d’obtenir le fameux point de croissance supplémentaire que M. Sarkozy s’est engagé à aller chercher.

“Si certains ont été effrayés par le contenu de vos propositions, moi je les trouve plutôt raisonnables dans l’essentiel”, a-t-il affirmé.

Le chef de l’Etat a annoncé son intention d'”associer le Parlement” à la mise en oeuvre des propositions du rapport, dont certaines font déjà débat au sein de la majorité.

Citant Turgot qui s’adressait à Louis XVI pour lui faire accepter le principe de réforme, Jacques Attali a défendu avec ferveur ses “propositions pour changer la France”, selon lui “plombée par les rentes, les connivences et les privilèges”.

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Jacques Attali, le 23 janvier 2008 à Paris (Photo : Jacques Demarthon)

“C’est un rapport libre et non libéral”, a insisté le chef de file d’une commission composée de 43 personnalités de différentes sensibilités.

“Dans 6 mois, nous nous retrouverons pour faire le point (…) je ferai tout pour que vous ne soyez pas déçus par l’oeuvre réformatrice du gouvernement et de moi-même”, leur a promis le chef de l’Etat, devant la quasi totalité de ses ministres.

Nicolas Sarkozy a vanté le “constat parfaitement raisonnable” de la commission, le résumant ainsi: “dans un monde qui change à très grande vitesse, la France a pris du retard alors qu’elle dispose d’atouts exceptionnels”.

Seules deux propositions n’ont pas trouvé grâce à ses yeux: la réforme du principe de précaution, que la commission Attali souhaite “repenser”, et la suppression des départements.

La commission Attali estime que le principe de précaution, introduit dans la Constitution en 2004, “instaure un contexte préjudiciable à l’innovation et à la croissance”.

“Le principe de précaution n’est pas un principe d’inaction”, et “pas davantage un principe d’interdiction”, a répliqué le président. “Au contraire, c’est un principe d’action et d’expertise pour réduire l’incertitude”, a-t-il dit.

Second point de désaccord: la suppression des départements proposée par la commission dans les dix ans à venir.

“Les Français sont attachés à la légitimité historique des départements”, a fait remarquer Nicolas Sarkozy pour s’opposer à cette mesure.

Le président a particulièrement insisté sur les mesures en faveur du système éducatif, de l’accès des PME aux marchés publics, de l’accès au numérique, des éco-villes, du travail des seniors, de la réforme de certaines professions réglementées (taxis, notaires, pharmacies…)

En revanche, il n’a pas mentionné l’immigration alors que selon le rapport, 250.000 nouveaux immigrés par an pourraient donner à la France 0,5% de croissance en plus. Pas un mot non plus sur la TVA sociale préconisée par la commission.

Le rapport Attali, révélé en grande partie avant sa remise officielle, a déjà fait l’objet de nombreuses critiques, à gauche comme à droite.

A quelques semaines des élections municipales, plusieurs députés UMP s’opposent à des mesures qui pourraient être mal reçues par le public. Au Parti socialiste, François Hollande a notamment dénoncé “beaucoup de mesures extrêmement préoccupantes”.

 23/01/2008 21:21:56 – © 2008 AFP