Siemens : Gerhard Cromme attend une “lourde sanction” aux Etats-Unis

 
 
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Le président du conseil de surveillance de Siemens Gerhard Cromme, le 3 mai 2007 à Essen (Photo : Michael Gottschalk)

[26/05/2007 08:49:02] FRANCFORT (AFP) Le groupe allemand Siemens, ébranlé par un vaste scandale de corruption, va être condamné à une “lourde sanction” par la SEC, le gendarme boursier américain, affirme le président du conseil de surveillance, Gerhard Cromme, dans un entretien à paraître samedi.

Siemens va devoir payer une amende importante, assortie éventuellement de l’exclusion de certains marchés aux Etats-Unis, détaille M. Cromme dans cet entretien accordé au Süddeutsche Zeitung.

Le quotidien cite des sources proches du conseil de surveillance qui parlent d’une amende de plus d’un milliard d’euros, un chiffre que le président du conseil refuse de commenter. La sanction dépendra des explications que Siemens livrera sur les faits qui lui sont reprochés. “Nous ne devons faire aucune erreur”, résume-t-il.

Il n’est pas exclu que le groupe demande des sacrifices aux salariés, mais les craintes exprimées par le comité d’entreprise sur les pensions de retraite sont “injustifiées”, ajoute M. Cromme.

L’ampleur réelle du scandale de corruption chez Siemens est difficile à évaluer. “On ne sait pas jusqu’où tout ça va s’étendre”, reconnaît-il.

Siemens se débat dans plusieurs affaires qui ont entraîné coup sur coup la chute du prédécesseur de M. Cromme au conseil de surveillance, Heinrich von Pierer, et celle du président du directoire, Klaus Kleinfeld.

La plus spectaculaire porte sur le versement de quelque 400 millions d’euros de dessous-de-table, qui auraient permis de décrocher des contrats internationaux dans les télécommunications.

M. Cromme rejette les spéculations selon lesquelles le scandale pourrait entraîner un éventuel démantèlement de Siemens. “Nous nous engageons au conseil de surveillance à tout faire pour assurer l’avenir du groupe”, affirme-t-il, même si son profil va nécessairement évoluer.

“Il y a un accord au directoire sur le coeur de métier du groupe et sur le fait qu’il y a également des activités non stratégiques qui ne devraient plus appartenir à Siemens à l’avenir”, explique-t-il.

Le directoire va proposer d’ici à six mois une nouvelle organisation du groupe “pour modifier le rapport entre les activités opérationnelles et les régions, la holding, les filiales et la recherche/développement”, annonce également M. Cromme, qui s’est fixé pour objectif d’imposer “plus de décentralisation”.

Le président du conseil de surveillance confirme par ailleurs le projet d’introduction en Bourse de VDO, sans fermer toutefois la porte à une vente de la filiale d’équipement automobile, convoitée par le groupe allemand Continental et des investisseurs financiers.

“Nous préparons l’entrée en Bourse de VDO et nous nous y tenons. Mais si quelqu’un met beaucoup d’argent sur la table, nous étudierons naturellement l’offre”, ajoute-t-il.

Selon le mensuel Manager magazin, Continental serait prêt à débourser la somme spectaculaire de 11 milliards d’euros.

 26/05/2007 08:49:02 – © 2007 AFP