Airbus et EADS peaufinent leur plan de sortie de crise

 
 
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Un Airbus A380 effectue un vol test avec des passagers (salariés d’Airbus) à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, le 4 septembre 2006 (Photo : Eric Cabanis)

[02/10/2006 16:39:38] PARIS (AFP) Airbus et sa maison-mère EADS pourraient lever le voile dès mardi sur l’ampleur des nouveaux retards de l’avion géant A380, leur impact financier et les mesures de redressement suggérées par le patron de l’avionneur européen Christian Streiff.

Après une première réunion consacrée vendredi à l’A380, qui s’était conclue sans annonce, le conseil d’administration d’EADS poursuivra mardi ses discussions sur les problèmes d’industrialisation de l’appareil à double pont et leurs possibles remèdes, a-t-on appris lundi de source proche du dossier.

Le plan de relance proposé par M. Streiff, prévoyant des économies pouvant atteindre jusqu’à 2 milliards d’euros par an et une vaste réorganisation industrielle chez Airbus, doit toujours recevoir le feu vert d’EADS, détenu à 22,5% par l’allemand DaimlerChrysler, 15% l’Etat français et 7,5% le groupe Lagardère.

De source proche du groupe, le nouveau calendrier de livraisons de l’A380 est également “au centre des discussions en cours”. Airbus et EADS attendent pour communiquer de recevoir les réactions individuelles des compagnies aériennes, afin de fixer définitivement les créneaux de livraisons et d’estimer l’impact financier global des nouveaux retards de l’appareil.

En principe, Christian Streiff doit présenter son plan à 400 cadres supérieurs d’Airbus mercredi à Toulouse, tandis qu’un comité central d’entreprise est programmé le même jour. Ces présentations auront lieu “sous réserve que le conseil d’administration d’EADS ne joue pas les prolongations”, souligne une source interne à l’avionneur.

Le sujet est extrêmement sensible, tant au niveau politique qu’industriel et social.

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Le PDG d’Airbus Christian Streiff devant la ligne d’assemblage de l’A380 à Blagnac, le 7 septembre 2006 (Photo : Eric Cabanis)

Airbus, dont l’A380 affiche déjà plus d’un an de retard par rapport au calendrier initial, devra tenir à tout prix son nouveau programme de livraisons sous peine de perdre de futurs clients au profit de son rival américain Boeing.

Les nouveaux retards seraient compris entre six mois et un an, selon diverses informations de presse.

D’autre part, la restructuration de la production qui se profile risque de chambouler profondément les habitudes prises sur les 16 sites européens d’Airbus, en particulier en Allemagne et en France, où subsiste encore en partie une répartition “politique” du travail, marquée par un équilibre des tâches entre les deux pays.

Le crise que traverse Airbus devrait aussi aboutir à un contrôle accru d’EADS sur le groupe européen. La maison-mère ne cache plus son intention d’intégrer plus fortement Airbus et de mettre ainsi un terme à sa traditionnelle autonomie, qui selon EADS ne serait pas étrangère aux déboires actuels.

Le prochain rachat des 20% de BAE Systems dans Airbus, qui fera monter EADS à 100% de la société, devrait favoriser cette intégration plus poussée de l’avionneur.

Au-delà de la crise de l’A380 et de la mise en place de son plan de redressement, Airbus devra mener de front plusieurs autres dossiers dans les prochaines semaines, au premier rang desquels le lancement industriel du long-courrier A350, remodelé après l’échec commercial de sa version initiale mais dont le coût ressort désormais doublé, à 8 milliards d’euros.

Enfin, le constructeur aéronautique devrait prochainement dévoiler les conclusions d’une étude de faisabilité sur l’implantation d’une ligne d’assemblage d’A320 dans le port chinois de Tianjin, près de Pékin. Une décision stratégique qui devait à l’origine être annoncée en septembre.

 02/10/2006 16:39:38 – © 2006 AFP